jeudi 14 mai 2026

L’exploration minière provoque la chute de 37% du nombre des animaux des fonds marins

Selon une étude parue vendredi 5 décembre et réalisée par des scientifiques du Musée d’histoire naturelle du Royaume-Uni, du Centre national d’océanographie et de l’université de Göteborg en Suède, le nombre des animaux vivant dans les fonds marins a chuté de 37% dans une zone d’exploration minière en eaux profondes. C’est la première étude sur l’impact de cette activité sur la biodiversité.

La course mondiale aux minerais de la transition n’épargne aucune zone de la planète. Ainsi, les fonds marins profonds, qui abritent une biodiversité exceptionnelle, sont convoités pour extraire des nodules polymétalliques, riches en nickel, cobalt ou cuivre, les fameux minerais tant convoités.

Mais pour les extraire des abysses, il faut des grosses machines dont l’impact sur les animaux a été révélé par cette étude. En plein océan Pacifique, les scientifiques ont comparé l’état de la biodiversité deux ans avant et deux mois après un essai d’exploration minière. Et dans les traces laissées par l’engin utilisé pour l’extraction, le nombre d’animaux de petite taille a chuté de 37%.

Pas de normes environnementales sur l’exploitation minière

Pour les scientifiques, cette étude devrait être prise en compte pour établir de nouvelles normes environnementales dans un secteur qui en manque cruellement. Car faute d’accords entre les États, l’Autorité internationale des fonds marins n’a toujours pas établi de règles claires pour leur exploitation. Un traité des Nations unies sur la haute mer doit entrer en vigueur en janvier 2026, avec l’objectif de protéger les océans, déjà menacés par la pollution et la surpêche.

Une faille

Aucune licence n’a encore été délivrée pour l’exploitation minière commerciale dans les eaux internationales, mais certains pays ont entamé ou se préparent à commencer des explorations dans les eaux relevant de leurs zones économiques exclusives. Une faille dans laquelle s’est engouffré le géant canadien The Metals Company (TMC), qui souhaite exploiter ces fonds marins avec l’aval de Donald Trump. Les îles Cook, en coopération avec la Chine, ont accordé des licences d’exploration à trois entreprises en 2022.

Cette étude pourrait inciter les États à renforcer la protection des océans. La Norvège, qui avait fait des vagues en devenant le premier pays d’Europe à décider d’ouvrir ses fonds marins aux activités minières, a notamment annoncé mercredi repousser de quatre ans l’attribution de premières licences d’exploration.

M. B.