vendredi 23 janvier 2026
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CAN 2025 : l’Algérie déraille en quarts mais regarde droit vers la Coupe du monde

Le Nigeria n’a laissé aucune chance à l’Algérie, samedi 10 janvier à Marrakech, en quarts de finale de la CAN 2025. Les Super Eagles ont complètement éteint les Fennecs. Au coup de sifflet final, il y avait de la déception ainsi que de la tension côté algérien, mais aussi des motifs d’espoirs, alors que le Mondial s’ouvre dans cinq mois.

La dernière fois qu’ils s’étaient affrontés, c’était mi-juillet 2019, lors de la CAN en Égypte. Déjà, le Nigeria avait donné du fil à retordre à l’Algérie. Mais les Fennecs, portés par une irrésistible force, avaient scalpé les Nigérians au bout du temps additionnel (2-1). D’un maître coup franc, Riyah Mahrez avait envoyé son équipe en finale face au Sénégal. Et les hommes alors coachés par Djamel Belmadi avaient remporté leur deuxième CAN face aux Lions.

Cette fois, l’Algérie reste à quai, et c’est le Nigeria qui a le sourire. Le match de samedi au Grand Stade de Marrakech a démontré la supériorité actuelle des Super Eagles. Jamais les Algériens n’ont pu rivaliser. En 90 minutes, ils n’ont tiré que trois fois, sans parvenir à trouver le cadre.

Riyad Mahrez, lui, a été transparent, comme la plupart de ses coéquipiers, seulement 36 ballons dont aucun dans la surface adverse, pas un seul dribble jusqu’à son remplacement à l’heure de jeu. Une triste dernière pour le n°7, qui fêtera son trente-cinquième anniversaire en février et qui avait annoncé que cette CAN 2025 au Maroc serait sa dernière – il n’a toutefois pas dit qu’il prenait sa retraite internationale.

Des échauffourées ternissent la fin de match

« C’est sûr qu’il y a de la déception. (…) On n’a pas fait le match qu’il fallait », a concédé Rayan Aït-Nouri après le coup de sifflet final, reconnaissant au passage la prestation des Super Eagles : « Il fallait un gagnant, le Nigeria a remporté ce match, félicitations à eux. » Les Fennecs ont émis des critiques quant à l’arbitrage d’Issa Sy. Ils ont notamment ciblé l’absence d’arbitrage vidéo sur une main nigériane autour du premier quart d’heure de jeu. « Il doit siffler penalty sur le centre de Fares (Chaibi). Il y a eu énormément de fautes non sifflées contre nous. L’arbitrage n’était pas au top », a déclaré le joueur algérien Rayan Aït-Nouri.

Des tensions ont éclaté à la fin du match en divers endroits. Sur le terrain, Luca Zidane a eu un accrochage musclé avec Raphael Onyedika et Fisayo Dele-Bashiru. Dans une tribune latérale où des supporters algériens étaient réunis, la sécurité a dû intervenir pour calmer les esprits et empêcher des jets de projectiles sur la pelouse. Même en zone mixte, des rixes ont éclaté entre journalistes pour des motifs obscurs, ce qui a nécessité une nouvelle intervention pour ramener de l’ordre.

« Rester soudés » à cinq mois du Mondial 2026

Une fin de parcours au goût amer mais qui ne doit pas cacher les nombreux points positifs de la campagne marocaine chez les Verts. « J’ai vu un groupe qui s’est battu pour cet écusson. Il y a des choses à travailler, comme pour chaque nation. (…) On a fait un très beau tournoi, avec de nombreux joueurs qui se sont révélés », a souligné Rayan Aït-Nouri. Au rayon des bonnes (re)découvertes : Luca Zidane qui est plus qu’un nom prestigieux, Mohamed Amoura, son gros volume de jeu et sa générosité, Ibrahim Maza et son talent balle au pied, ou encore Adil Boulbina, auteur d’un but magistral au tour précédent.

Et bien sûr, impossible de perdre de vue le rendez-vous mondial : dans cinq mois tout rond, le 11 juin, s’ouvrira la 23e Coupe du monde de football au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Douze ans après leur huitième de finale resté dans les mémoires contre l’Allemagne au Brésil, les Algériens vont à nouveau disputer un Mondial. Dans le groupe J, ils feront face aux champions du monde argentins, à l’Autriche et à la Jordanie. Vladimir Petkovic, le sélectionneur, a cinq mois pour préparer le tournoi. Les enseignements positifs de cette CAN lui seront sans doute utiles. Pour Rayan Aït-Nouri, en tout cas, « il faut rester soudés » pour se projeter au mieux sur la compétition aux Amériques.

N. B.