Le 23e congrès de l’Association des rhumatologues algériens privés (Arap), programmé deux jours durant à Alger, a défini ses travaux dans lesquels un point d’honneur a été mis en évidence : « La formation pratique continue à travers des ateliers dédiés à l’échographie ». Cette rencontre se veut un carrefour scientifique majeur pour la rhumatologie. Son programme révèle, d’ailleurs, une volonté claire de concilier les traitements de pointe avec une prise en charge globale et personnalisée du patient.
Réparti en pas moins de six séances, le colloque a accordé, lors de sa première journée, une attention particulière à des défis thérapeutiques complexes. Une large part des travaux a été consacrée aux « causes des échecs thérapeutiques » dans la « spondylarthrite axiale », avec une séance consacrée aux « particularités cliniques chez la femme », et la gestion délicate des cas associés aux « maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici) ».
L’Arap met un point d’honneur à la formation continue pratique, à travers plusieurs ateliers dédiés à l’échographie (hanche, petits nerfs) et à la rhumatologie « interventionnelle », notamment dans des cas comme le lumbago.
Par ailleurs, l’ostéoporose requiert une grande attention avec des discussions sur la rotation thérapeutique et des traitements spécifiques comme le « denosumab ».
Le traitement de l’arthrose a occupé une place privilégiée dans ces travaux, avec un accent particulier mis sur les thérapeutiques locales et préservatrices.
Les experts communicants ont discuté de l’apport des injections intra-articulaires, de la « visco – supplémentation » (notamment dans la coxarthrose avec l’étude Previcox), ainsi que de l’utilisation du PRP (Plasma Riche en Plaquettes) pour la « gonarthrose ».
Lorsque les traitements médicaux atteignent leurs limites, les alternatives chirurgicales, telles que la chirurgie prothétique pour la « rhizarthrose » (prise en charge du poignet), ont été également intégrées aux débats. L’un des axes les plus marquants de ce congrès est l’intégration de la santé globale du patient. Les rhumatologues ne se limitent plus à la seule sphère articulaire, comme en témoignent les interventions sur « le rôle du microbioten dans les rhumatismes inflammatoires chroniques »
D’autres thèmes complémentaires doivent enrichir cette approche globale: le lien entre la santé mentale, le stress post-traumatique et la polyarthrite (abordée par vidéoconférence, par le Dr Gibert, assisté du Dr Rahmoune), la prise en charge de la douleur sans médicaments, par le Dr Ginies, l’intégration de pratiques alternatives telles que l’auriculothérapie et la « neuromodulation auriculaire », par le Dr Sagui, et l’importance de l’activité physique chez les patients atteints de polyarthrite par le Dr Guerboukha.
La rencontre a donné lieu à un renforcement des compétences pratiques et une collaboration internationale, une dimension qui a caractérisé les travaux. Le panel d’intervenants mêle des experts libéraux et hospitaliers algériens (Alger, Oran, Constantine, Annaba, etc.) à de nombreux spécialistes venus de centres hospitaliers français (Paris, Marseille, Montpellier, Tours, Créteil), favorisant ainsi un riche transfert de connaissances.
Mohammed Bessaïah
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé