Lors des rencontres algéro-italiennes sur la mécanisation et la digitalisation, le représentant du ministère de l’Agriculture est intervenu et a insisté sur le bien-fondé de l’utilisation des dernières technologies en matière d’agriculture, afin d’améliorer les rendements, de réduire les pertes post-récoltes et de transformer les filières stratégiques.
D’ailleurs durant son intervention, S.E. l’ambassadrice d’Italie en Algérie, Alessandra Schiavo, a mis en exergue les relations des deux pays et la satisfaction de son gouvernement dans la recherche de solutions concernant surtout l’agriculture.
La présence à Alger d’une dizaine d’entreprises italiennes qualifiées et actives dans ces domaines, « témoigne de l’intérêt concret de nos entreprises pour le marché algérien et, plus largement, de la volonté de contribuer au processus de modernisation du secteur agricole en Algérie », a-t-elle indiqué. Dans le cadre du plan Mattei pour l’Afrique, lancé en janvier 2024, a-t-elle encore souligné, le gouvernement italien a accordé à l’Algérie le statut de « partenaire prioritaire ». Cette « reconnaissance » se veut une « continuité des échanges intenses entre nos deux pays dans le secteur agricole, qui a, notamment, connu un moment très fort lors du Business Forum Italie-Algérie, organisé à Rome en juillet », a fait savoir Alessandra Schiavo. Les investissements visant à accroître la production agricole et l’extension des surfaces cultivées, notamment dans le Sud du pays, constituent autant de paramètres qui lui ont fait dire que « l’Algérie semble se lancer dans une phase de pleine transformation de son secteur agricole ». Cette mue, a-t-elle nuancé, « doit répondre, toutefois, à des défis majeurs ». Il s’agit, entre autres, de la formation agricole. L’Algérie a, à ce propos, décidé de créer un centre d’excellence spécialisée dans l’agriculture en collaboration avec l’Italie.
Dans ses déclarations, Mme Schiavo a rappelé que son pays dispose d’un tissu industriel « particulièrement riche et diversifié dans le domaine agricole », une expertise qui « ne se limite pas seulement aux machines et aux équipements, mais couvre également la digitalisation de l’agriculture, l’irrigation intelligente, les technologies pour l’élevage, les solutions de stockage et de conservation ». L’objectif de cette coopération est de créer, selon elle, les conditions nécessaires au développement, à plus long terme, de partenariats industriels, des échanges de savoir-faire et des collaborations qui généreront une valeur ajoutée en Algérie.
La mécanisation, l’innovation et la digitalisation agricole sont érigées au rang de priorité, afin d’accompagner l’effort des pouvoirs publics à même de restituer à ce secteur ses lettres de noblesse. Treize sociétés italiennes, en visite, depuis hier à Alger, ont affiché leur volonté de partager leur expertise mondialement reconnue. Intervenant lors des rencontres algéro-italiennes consacrées au développement agricole, Zahreddine Salhi, directeur de l’investissement agricole au ministère de tutelle, relève, tout de go, « l’impératif de mécanisation et l’utilisation des dernières technologies en matière d’agriculture afin d’améliorer les rendements, réduire les pertes post-récoltes et transformer les filières stratégiques ».
S’appuyant sur des cas de projets réels, le même responsable affirme que des rendements « jusqu’à 4, voire 5 fois, supérieurs à la moyenne nationale, ont été obtenus, grâce à l’irrigation moderne et à la mécanisation agricole ». Face aux pertes post-récolte, l’Algérie a engagé un programme d’envergure qui « augmente de plus de 5 millions de tonnes les capacités nationales de stockage de céréales pour les porter à 9 Mt ».
« Si les silos en béton sont en stade avancé et les centres de proximité de stockage en phase d’achèvement, le programme des 16 silos métalliques, annonce le représentant du ministère, sera réceptionné à partir du deuxième trimestre 2027. » Outre ce besoin technologique, le même responsable relève la nécessité de parvenir à l’extension de la superficie agricole utilisée qui se situe à 8.6 millions d’hectares sur un total de 44 Mh.
A ses yeux, la persistance de la dépendance aux importations s’explique « en grande partie par la faible utilisation de la mécanisation et des technologies modernes, qui plafonne les rendements bien en deçà du potentiel agronomique du pays ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes. M. Salhi affirme dans cette optique que « près de 30% de la production agricole se trouve perdue chaque année faute de mécanisation et de stockage. Aussi, près de 40% des terres céréalières du Nord restent en jachère. Le rendement céréalier moyen est de 17 quintaux/hectare, tandis qu’un pays à climat comparable affiche 35Qx/ha ».
Bifurquant sur la région du Grand Sud, où est implanté le mégaprojet Bonifiche Ferraresi à Timimoune qui constitue un bon exemple de partenariat algéro-italien, le responsable du ministère indique que cette région recèle un potentiel considérable pour transformer durablement les filières importées en filières exportatrices.
En sus de cette équation logistique et agronomique inédite qu’offre cette région, l’Algérie brandit une série d’avantages compétitifs supplémentaires.
L’exemple le plus édifiant, souligne, M. Salhi, est inhérent au coût de l’électricité de 0.043 dollars/KWh qui est jusqu’à 5 fois inférieur aux tarifs américains et européens. S’appuyant sur une panoplie d’arguments et d’avantages qu’offre l’Algérie, l’intervenant appelle les entreprises italiennes à venir y investir.
De son côté, Fabio Ricci, Directeur général adjoint de la Fédération italienne des constructeurs de machines agricoles, affirme que «les taux annuels moyens de variation des importations algériennes en euro pour la période 2026-2029 sont de de + 3.6%». Les exportations italiennes de tracteurs et matériel agricole vers l’Afrique du nord en 2025 indiquent que l’Algérie est en pole position avec une croissance de 18.5% par rapport à 2024.
L’Italie se positionne en 3e fournisseur, derrière la Chine et l’Inde, avec une part de marché de 13.4%. Pour M. Ricci, ces secteurs sont prioritaires à mécaniser.
Il s’agit de la production des céréales dont le sous-équipement agricole freine l’extension des surfaces cultivées et limite les rendements à 1.5 tonnes par hectare pour le blé dur contre 3 à 4 t/h en moyenne régionale. S’y ajoutent le maraîchage, l’élevage, la viticulture et l’irrigation.
Pour cette dernière, le même responsable préconise d’encourager et d’adopter l’irrigation en visant 500.000 ha de terres irriguées dans le Sud pour en atteindre 1 million ha à long terme.
Pas mal d’entreprises algériennes sont intéressées par ce marché très convoité.
Mohammed Bessaïah
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé