Une mission dont se chargera, vaille que vaille, Rania qui a été convaincue par Merouane de l’importance de cette cause.
Le long-métrage de fiction Khit Errouh, de Youcef Mahsas, trouve le chemin des salles. Projeté en avant-première pour la presse, mercredi dernier, au TMV cinémas, à Chéraga, le film a réussi à émouvoir l’assistance composée de représentants des médias et de professionnels du septième art.
De bout en bout, l’œuvre a retenu l’attention des spectateurs, tantôt avec des scènes insolites et loufoques, tantôt avec des passages profondément dramatiques. L’histoire tissée sur fond des années 1990, tristement connues par la décennie noire, « une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » explore les traumatismes, les souvenirs et le quotidien des Algériens durant cette sombre époque, à l’issue de laquelle, la vie a néanmoins réussi à triompher de la mort. Rania et Merouane constituent le duo autour duquel se structure le récit.
Ces deux rôles sont interprétés avec talent, respectivement, par Lydia Chebout et Ahmed Belmoumene. Tourné à flanc de montagne sur le versant sud du Djurdjura (Tikjda) Khit Errouh raconte avec subtilité les affres d’une époque révolue, tout en célébrant l’amour à travers un conte romantique, émaillé de pudeur et de discrétion. Perpétuer la tradition à Kef Ettir, un lointain village haut perché, constitue la trame de l’histoire qui veut que des habits pour l’Aïd soient confectionnés pour les neuf enfants de la bourgade. Une mission dont se chargera, vaille que vaille, Rania qui a été convaincue par Merouane de l’importance de cette cause. Le jeu des jeunes acteurs, émaillé par les apparitions de l’imam, incarné par Slimane Benouari, donne beaucoup de sel au scénario. En effet, seul un groupe de neuf enfants a échappé miraculeusement à un massacre qui a décimé les habitants du hameau.
Marwan, un rescapé, est devenu le protecteur improvisé de ces enfants. Pour préserver la tradition et honorer la mémoire des défunts, notamment celle des femmes, il s’obstine à vouloir leur fabriquer de nouveaux vêtements pour le jour de l’Aïd, ce à quoi s’attellera Rania.
Rappelons que Khit Errouh a été doublement primé à l’international, notamment en remportant le Golden Award du meilleur film au Festival international du film de jeunesse d’Hurghada, alors que son actrice principale, Lydia Chebout, a décroché le prix de la meilleure interprétation féminine. Selon son réalisateur, Youcef Mahsas, Khit Errouh, participe au travail de mémoire et de transmission. À cette démarche mémorielle est associé l’hommage rendu à la résilience populaire face au chaos. Une résilience intimement liée à la symbolique de Khit Errouh, de ce bijou, qui au-delà d’être un somptueux diadème traditionnel algérien, se veut être un véhicule de la mémoire collective. Il cristallise l’amour sincère, la transmission et la résilience face aux aléas du temps et de l’histoire, fussent-ils tragiques.
S. B.
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé