L’ancien président de la République, Liamine Zeroual, est décédé en début de soirée de samedi 28 mars à l’hôpital militaire de Ain-Naadja, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué laconique qui a précisé que l’ancien chef de l’Etat (1994-1999) luttait contre une longue maladie.
Natif de la wilaya de Batna en 1941, Liamine Zeroual a fait l’essentiel de sa carrière dans l’armée. Ancien moudjahid, il a fait toutes ses classes au sein des forces armées après l’indépendance. En 1993, le général Zeroual, alors chef d’Etat-Major à la retraite est nommé ministre de la Défense en remplacement de Khaled Nezzar, désigné membre du Haut-Comité d’Etat qui gérait les affaires de l’Etat après l’arrêt du processus électoral en janvier 1992. C’est de nouveau à lui que l’armée fait appel en décembre 1994 pour présider aux destinées du pays après l’échec des négociations avec Abdelaziz Bouteflika. Liamine Zeroual a été élu, en septembre 1995, président de la République dans une élection empreinte de violences mais avec une forte participation des Algériens.
Durant cinq ans passées à la tête de l’Etat, Liamine Zeroual a géré le pays pendant une période cruciale de son histoire : en plus de graves problèmes économiques, l’Algérie faisait face à une violence inouïe, faite notamment d’attentats et de meurtres de masse. Il a été à l’origine de deux politiques de réconciliation. D’abord en 1995 avec la « politique de la rahma » qui a permis à des milliers de terroristes de déposer les armes, puis, deux ans plus tard, il a initié des négociations avec les groupes armés, notamment l’Armée islamique du salut (AIS), qui a accepté au moins d’observer une trêve qui a duré jusqu’à l’adoption, en septembre 1999, de la loi sur la Concorde civile.
A l’été 1998, Liamine Zeroual fait face à une campagne médiatique sans précédent qui a visé son entourage, notamment son homme de confiance et son bras-droit, Mohamed Betchine. Cette attaque médiatique d’une virulence extrême le poussera à la démission, en septembre 1998. Il a appelé à l’organisation d’élections présidentielles anticipées en avril 1999, remportées par Abdelaziz Bouteflika dans des conditions extrêmement contestables, marquées notamment par le retrait de six candidats la veille du scrutin.
Depuis son retrait de la vie politique, Liamine Zeroual a choisi la discrétion en vivant tranquillement dans sa maison de Batna. Son nom a été évoqué un moment en 2019 après le déclenchement du hirak populaire pour présider le pays durant une période de transition. Mais le projet est tombé à l’eau. L’ancien président a même félicité l’actuel chef de l’Etat à l’occasion de son accession au pouvoir, en 2019 et puis lors des élections de 2024. Les Algériens gardent de lui l’image d’un homme intègre et honnête.
M. B.
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