dimanche 27 novembre 2022
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Indonésie : après le drame dans le stade de Malang, la police sous le feu des critiques

Après le mouvement de foule qui a fait au moins 125 morts dans un stade de football en Indonésie, des voix s’élèvent pour dénoncer l’usage du gaz lacrymogène par les forces de l’ordre contre les milliers de supporters qui avaient envahi le terrain après le match opposant l’équipe d’Arema à son rival historique.

La police indonésienne est-elle responsable du calvaire de ces supporters bloqués dans un stade soudainement transformé en souricière ? Le président indonésien a assuré qu’une enquête aurait lieu pour comprendre pourquoi les gaz lacrymogènes ont été utilisés pour chasser des supporters de la pelouse.

Mais Phil Robertson de Human Rights Watch Asia reste sceptique sur son résultat. « On ne peut pas se satisfaire d’une seule enquête de la police indonésienne, il est couru d’avance qu’ils enterreront les causes de cette tragédie. Ce qu’il faut avant tout, c’est reconnaître la responsabilité des personnes dans la police qui ont donné l’ordre de tirer ces gaz lacrymogènes qui ont généré des suffocations, créé la panique dans la foule qui cherchait à s’enfuir et la mort de personnes piétinées dans la cohue. »

Pour Andy Fuller, chercheur spécialiste du football indonésien, le manque de sortie de secours est également responsable de l’escalade de la violence. « De manière générale, les stades indonésiens disposent d’un nombre restreint d’issues, par lesquelles les spectateurs peuvent partir sereinement, et clairement, hier soir, certains spectateurs se sont retrouvés sur la pelouse, pas tellement pour s’engager dans la rixe, mais pour quitter le stade plein de gaz lacrymogènes. Cette architecture des stades en fait garantie que dès qu’il y a un trouble, même mineur, ce problème sera inévitablement exacerbé. »

Et alors que de plus en plus d’observateurs exigent une enquête indépendante, un des chants phare des supporters du club Arema est devenu d’une sombre réalité, son titre est : « Fan d’Arema jusqu’à ma mort ».

G. M.