mardi 13 janvier 2026
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Iran : face à la répression des manifestations, Donald Trump étudie des options militaires « très fortes »

Les conseillers du président américain doivent lui présenter ce mardi 13 janvier une série d’options militaires et économiques destinées à répondre à la sanglante répression des manifestations qui secouent l’Iran depuis le 28 décembre. Les discussions se poursuivent au plus haut niveau à la Maison-Blanche, selon plusieurs sources, alors que Washington n’exclut pas une nouvelle intervention après les frappes menées en juin dernier contre la République islamique.

Le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées, le général Dan Cain, sont attendus dans le bureau ovale de la Maison Blanche mardi 13 janvier pour exposer au président américain les différentes options possibles face à la répression des manifestations en Iran. Sur le plan militaire, ces dernières seraient exclusivement aériennes, tout déploiement de troupes au sol étant d’ores et déjà exclu.

Selon l’expert aéronautique Xavier Tytelman, le pays est en effet jugé trop vaste, sa population trop importante et ses forces armées, notamment les Gardiens de la révolution, préparées depuis des décennies à résister à une attaque extérieure.

Dans ce contexte, poursuit l’expert, toute opération américaine passerait davantage par un soutien indirect aux opposants au régime. Cela pourrait se traduire par des frappes visant des unités militaires ou des forces de sécurité cherchant à empêcher un basculement du pouvoir. Une telle stratégie aurait aussi pour objectif de faire pression sur certaines unités en les avertissant qu’elles pourraient être ciblées si elles ne se rangeaient pas du côté de la population, afin de renforcer les manifestants face au pouvoir en place.

Frappes ciblées et opérations cyber à l’étude

Sur le plan opérationnel, les militaires américains pourraient proposer de cibler en priorité les C2, les centres de commandement et de contrôle iraniens, afin de paralyser les capacités des forces armées. Si une campagne de frappes aériennes était retenue, ce serait la seconde fois que Donald Trump autorise une telle opération contre l’Iran, après les bombardements menés en juin dernier contre trois sites nucléaires de la République islamique.

Ces frappes pourraient être couplées à des attaques cyber visant des infrastructures militaires mais aussi civiles. En l’absence d’un groupe aéronaval dans la région – le porte-avions Gerald-Ford ayant été récemment redéployé de la Méditerranée vers les Caraïbes -, le Pentagone serait donc obligé de recourir à nouveau à des bombardiers stratégiques furtifs B-2.

Renforcé dans sa détermination après ses récents succès militaires – notamment au Venezuela -, Donald Trump affirme que les États-Unis se tiennent prêts. Selon le Wall Street Journal, les discussions militaires ne font toutefois que commencer. Parmi les options non militaires figure également l’envoi de terminaux Starlink, l’Internet par satellite d’Elon Musk, afin de permettre aux opposants iraniens de contourner la coupure totale des communications imposée dans le pays depuis le 8 janvier.

Téhéran se dit prêt à la guerre comme à la négociation

Sur le plan diplomatique, la tension reste élevée. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé lundi 12 janvier que l’Iran était « prêt à la guerre », tout en se disant également disposé à négocier, après les menaces de Donald Trump d’intervenir militairement si la répression du mouvement de contestation se poursuivait.

Face aux manifestations observées à Téhéran et dans d’autres grandes villes, les autorités iraniennes ont tenté de reprendre la main en appelant à des rassemblements de soutien au régime.

Selon l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins 648 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre, un bilan que les autorités iraniennes contestent, affirmant de leur côté que des membres des forces de sécurité ont également été tués.

Donald Trump a indiqué dimanche 11 janvier qu’un canal de communication restait ouvert et qu’une réunion était « en cours de préparation », sans écarter pour autant l’option militaire. « Nous pourrions devoir agir avant une rencontre », a-t-il averti, affirmant que l’armée américaine étudiait des « options très fortes ».

M. B.