dimanche 27 novembre 2022
Accueil > A la UNE > La Russie arrête «complètement» le gazoduc Nord Stream jusqu’à la réparation d’une turbine

La Russie arrête «complètement» le gazoduc Nord Stream jusqu’à la réparation d’une turbine

Le géant russe Gazprom a annoncé que le gazoduc Nord Stream 1, qui devait reprendre du service samedi après une maintenance, sera finalement « complètement » arrêté jusqu’à la réparation d’une turbine de ce pipeline vital pour l’approvisionnement des Européens.

 Dans un communiqué, Gazprom a indiqué vendredi soir avoir découvert des fuites d’huile dans la turbine, lors de cette opération de maintenance dans une station de compression située en Russie. « Jusqu’à la réparation (…), le transport du gaz via Nord Stream est complètement suspendu », a indiqué le groupe, sans préciser combien de temps pouvait durer cette réparation.

Gazprom a assuré avoir découvert cette « fuite d’huile » lors d’un contrôle technique effectué avec des représentants du groupe allemand Siemens, qui a fabriqué la turbine. Le groupe russe fait état de cette fuite d’huile sur des « câbles reliés à des compteurs de vitesse d’un rotor ». Sur Telegram, le groupe a publié une photo montrant des câbles entourés d’un liquide brunâtre.

Ces ennuis techniques empêchent d’assurer « une exploitation sécurisée du moteur de la turbine à gaz », soutient Gazprom, s’appuyant sur un avertissement de l’Agence civile russe de surveillance des industries.

Un avis que ne partage pas Siemens Energy. Dans un communiqué, le fabricant de turbine a déclaré vendredi « qu’une telle constatation ne constitue pas une raison technique pour arrêter les opérations », précisant que par le passé, l’apparition « de ce type de fuite n’a pas entraîné l’arrêt des opérations ».

Le groupe Gazprom devait reprendre samedi ses livraisons de gaz via Nord Stream, qui relie la Russie au nord de l’Allemagne, après une nouvelle interruption de trois jours pour ces opérations de maintenance. Ce rebondissement va accentuer encore l’angoisse des Européens, qui se démènent pour éviter une crise énergétique cet hiver, et accusent Moscou d’user du gaz comme d’une arme pour se venger des sanctions occidentales après l’offensive en Ukraine.

M. B.