La Turquie pourrait se tourner vers d’autres pays, dont la Russie, pour acquérir des avions de combat si les États-Unis ne lui fournissent pas de chasseurs F-16, a déclaré vendredi 9 septembre le président turc. Recep Tayyip Erdogan multiplie les marques de défiance à l’égard de l’Occident, et les appels du pied à Moscou. Membre de l’Otan, le pays veut renouveler sa flotte, mais le contrat a été gelé par Washington en 2019, après l’achat par Ankara d’un système anti-missiles russe.
Ce n’est pas la première fois que Recep Tayyip Erdogan laisse entendre qu’il pourrait acheter des avions de chasse à la Russie. Il l’avait envisagé à l’époque où les États-Unis venaient d’exclure son pays du programme F-35, cet avion furtif que la Turquie contribuait à fabriquer et qu’elle avait choisi pour renouveler sa flotte de F-16 vieillissants. C’était en 2019, Ankara venait d’acquérir un système de défense antiaérienne russe, provoquant la sanction américaine.
Malgré la guerre en Ukraine, le président turc n’a visiblement pas renoncé à se fournir auprès de Moscou en équipements militaires de pointe. Du moins laisse-t-il flotter l’idée, dans l’espoir de faire pression sur les États-Unis.
Depuis des mois, ces derniers sont en pourparlers pour la vente de 40 avions F-16, ainsi que des pièces nécessaires à la modernisation des 80 appareils que la Turquie possède déjà. Recep Tayyip Erdogan n’a d’ailleurs pas cité que la Russie, mais aussi la France et le Royaume-Uni comme possibles fournisseurs.
Le président américain Joe Biden s’est dit favorable à la livraison de F-16 à la Turquie. Mais les élus du Congrès exigent qu’elle s’abstienne de violer l’espace aérien de la Grèce pour autoriser la vente. Une condition que la Turquie juge inacceptable.
A. A.
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