dimanche 27 novembre 2022
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L’A380, gagnant de la reprise Mal-aimé avant la crise due au Covid¬19, l’avion d’Airbus, dont la production a été arrêtée, retrouve les faveurs des compagnies

C’est une nouvelle qui devrait ravir les passagers. L’A380, leur avion préféré, selon les sondages réalisés par les compagnies aériennes, effectue un retour en force dans les airs. Il retrouve à nouveau les faveurs des compagnies aériennes. Surtout celles qui l’ont conservé dans leur flotte. C’est le cas d’Emirates, la compagnie de Dubaï, et plus grosse cliente de l’A380 avec ses 120 exemplaires, qui a relancé l’avion. « Nous en avons déjà remis 70 en service. Les 50 autres sont encore dans le désert », confie Thierry Aucoc, directeur général Europe et Russie d’Emirates. Ces derniers ne devraient pas tarder à reprendre les airs, car « les avions sont pleins », ajoute le cadre dirigeant. Après un violent coup d’arrêt du transport aérien en 2020 dû à la pandémie de Covid­19, l’A380 a permis de répondre à la reprise que connaît le secteur depuis la fin 2021. Comme Emirates, Singapore Airlines n’a pas hésité à relancer ses A380. Neuf sont déjà en service, tandis que les trois derniers achèvent leur grande visite de maintenance et la remise à neuf de leur cabine. Ce retour en grâce de l’A380 gagne aussi l’Europe. British Airways, pourtant très éprouvée pendant la crise sanitaire, a redéployé ses très gros-porteurs long-­courriers pour répondre à l’afflux de passagers. C’est que, pour certains, cet avion, plein, est très rentable. Il génère « de 60 % à 70 % des résultats d’Emirates », assure Cédric Renard, son directeur général France. Mieux, l’avion « serait l’appareil le plus rentable » de la flotte. Chez Singapore Airlines, cet Airbus est le navire amiral de la flotte. Le seul à proposer les « suites », des cabines privatives avec lit double, portes coulissantes, stores et hublots pour plus d’intimité, très prisées des jeunes mariés chinois en voyage de no[1]ces. Plus loin encore, aux antipodes, l’australienne Qantas, la japonaise ANA et même China Southern ont également ressorti des hangars leurs A380.

Pas sûr que cela dure

D’autres compagnies, en revanche, ne veulent plus en entendre parler. Air France, Lufthansa ou Thai Airways ont poussé leurs Super­Jumbo vers la sortie. La compagnie française a même devancé de deux ans l’arrêt, prévu initialement en 2022, de l’exploitation de ses A380. Le très gros-­porteur a toujours été le mal-­aimé de la direction d’Air France depuis l’arrivée du premier exemplaire, en 2009. L’avion n’aura même pas bénéficié des nouvelles cabines. Trop gros, trop difficile à remplir, trop coûteux à entretenir et à opérer, trop souvent en panne, pour la compagnie française, l’avion cumulait les défauts. « Il est difficile d’exploiter de l’A380 quand on en a que six ou dix », analyse Thierry Aucoc. Impossible de réaliser des économies d’échelle sur la maintenance ou la formation des pilotes. Surtout, ajoute-­t-­il, « il n’est pas possible d’avoir des petits avions qui alimentent un hub et des A380 qui desservent ensuite les destinations long-­courriers ». Justement, le modèle choisi par Air France. « Chez Emirates, les A380 alimentent des A380 », explique le directeur général. Si l’A380 profite d’un soudain attrait, pas sûr que cela dure. Airbus, qui a arrêté la production de son gros-­porteur en 2021, ne compte pas concevoir un A380 Neo moins gourmand en kérosène, comme en rêve Emirates. Le nouveau roi du ciel est désormais l’A321XLR, un avion monocouloir qui réussit à concilier l’inconciliable : associer les performances d’un long-courrier avec les coûts d’un moyen­-courrier.

In Le Monde p g.