« Une fois de plus, les États-Unis d’Amérique sont la Mecque de la liberté d’expression ». C’est la réaction de Robert Kennedy Junior, secrétaire américain à la Santé, après la sanction infligée par l’administration Trump à cinq personnalités européennes engagées en faveur de la régulation de la tech et contre la désinformation, parmi lesquelles Thierry Breton. Un engagement qui leur vaut depuis le 24 décembre une interdiction de séjour sur le sol des États-Unis.
Thierry Breton, ancien commissaire chargé du Marché intérieur est à l’origine d’une législation européenne plus contraignante pour les géants de la tech. Pendant son mandat à la Commission européenne, ses objectifs étaient clairs : en finir avec les abus de position dominante et le laisser-faire dans la diffusion de contenus illégaux sur les plateformes.
Après avoir été interdit de territoire aux États-Unis, il s’est exprimé sur son compte X. « Un vent de maccarthysme souffle-t-il-à nouveau ? », s’interroge l’ancien Commissaire européen. Une référence à la chasse aux sorcières anticommuniste menée aux États-Unis dans les années 50.
Soutien des Européens
De nombreuses personnalités européennes se sont exprimées en soutien à Thierry Breton depuis l’annonce des sanctions. Sur la plateforme X, Emmanuel Macron l’a remercié pour « son travail considérable accompli au service de l’Europe ». De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé ces restrictions de visa émises à l’encontre des cinq personnalités européennes.
En plus de Thierry Breton, quatre dirigeants ou membres d’ONG de lutte contre la désinformation sont visés par l’interdiction de séjourner aux États-Unis. Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est elle aussi émue de cette annonce. « La liberté d’expression est le fondement de notre démocratie européenne. Nous en sommes fiers. Nous la protégerons », a-t-elle déclaré sur ses réseaux sociaux.
Nouvelle offensive américaine contre l’Union européenne
Au cœur du conflit qui oppose l’Europe à l’administration Trump, il y a cette réglementation européenne que les Américains considèrent comme de la censure. Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, celui qui a annoncé ces restrictions de visa, s’en prend « aux idéologues européens qui veulent contraindre les plateformes à sanctionner les opinions américaines ». Des opinions auxquelles les Européens s’opposeraient, toujours selon Marco Rubio.
Ces sanctions s’inscrivent dans une escalade plus large des tensions entre l’administration Trump et l’Union européenne. Pour rappel, dans sa stratégie nationale de sécurité, Donald Trump prédisait il y a quelques semaines un « effacement civilisationnel » de l’Europe. Ce mercredi 24 décembre, la Commission européenne l’a assuré : « S’il le faut, elle réagira rapidement et fermement pour défendre son autonomie contre toute mesure injustifiée ». Elle n’a pas encore indiqué comment.
L. O.
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé