jeudi 18 juillet 2024
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Révélations de la presse sur la longue opération anti-CPI des services israéliens

C’est un véritable système qu’a mis en place Israël pour empêcher toute poursuite de la Cour pénale internationale contre des responsables politiques et militaires israéliens depuis presque dix ans. C’est ce qu’ont révélé mardi le quotidien britannique The Guardian et le site d’investigation israélien +972 Magazine.

L’État hébreu, qui n’est pas membre de la Cour, rejette depuis toujours sa compétence. Mais ses responsables restent passibles de poursuites pour les crimes commis à l’intérieur des Territoires palestiniens.

Il y a dix jours, le procureur de la Cour Karim Khan a demandé aux juges d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benyamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Galland. Dans une autre requête, le magistrat cible trois hauts responsables du Hamas pour l’attaque du 7-Octobre et les prises d’otages notamment.

Selon ces révélations, le Shin Bet, le Mossad et l’armée ont pendant presque dix ans conduit une opération anti-CPI. Si l’existence de pressions de l’État hébreu sur la Cour était connue, si plusieurs sources confirment les faits, l’ampleur du système dénoncé donne le vertige.

Dès la première tentative palestinienne de saisine de la Cour en 2009, les Israéliens s’étaient inquiétés. Mais cette inquiétude grimpe lorsque l’État de Palestine devient membre de la CPI en 2015.

Et pour empêcher toute enquête d’aboutir, la procureure en poste à l’époque, Fatou Bensouda, est espionnée. Ses réunions avec l’Autorité palestinienne sont mises sur écoute. Et selon The Guardian, la magistrate gambienne est menacée directement par le directeur du Mossad à l’époque, Yossi Cohen.

Par ailleurs, des membres d’ONG palestiniennes qui coopèrent alors dans l’enquête sont intimidés sur le sol même des Pays-Bas. Et selon nos sources, d’autres responsables de la Cour, dont des juges, ont subi des tentatives d’intimidation.

Successeur de Fatou Bensouda, Karim Khan a subi les mêmes pratiques. Mais début mai, il a menacé d’engager des poursuites pour entrave à la justice, passible de cinq ans de prison.

L’article de +972 Magazine à lire, en anglais : Surveillance et ingérence : la guerre secrète d’Israël contre la CPI révélée.

S. M.