mardi 9 août 2022
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Sept planètes alignées, c’est ce week-end ou jamais

C’est un spectacle rare, qui ne se reproduira pas avant 102 ans, qui s’offre jusqu’à dimanche aux amateurs de ciels étoilés : la « parade des planètes ». L’illusion qu’elles forment une immense ligne.

C’EST LA RENCONTRE du siècle. Jusqu’à lundi, nous allons pouvoir, avec un peu de chance, embrasser du regard sept planètes du système solaire, proches les unes des autres comme rarement. Au moins quatre d’entre elles — Vénus, Mars, Jupiter et Saturne —, ainsi que la Lune, pourront être admirées simultanément à l’œil nu dans le ciel nocturne. Des jumelles devraient suffire pour compléter le tableau avec Mercure, Uranus et Neptune dans le même mouchoir de poche. Seule la météo pourrait jouer les trouble-fêtes. Là où le ciel sera dégagé, il offrira un spectacle rare : la dernière fois qu’un phénomène similaire s’est produit, c’était en décembre 1997, mais il faut remonter à janvier 1984 pour trouver un rendez-vous spectaculaire comme on en compte peu par millénaire. La prochaine occasion sera en novembre 2124, dans cent-deux ans… Si les curieux apercevront bien une ligne, en réalité, ces planètes orbitent autour de l’étoile sur un même plan, que l’on appelle l’écliptique. C’est ainsi que, vues de notre planète, elles semblent se promener au fil des semaines sur une bande très étroite du ciel, dans les constellations du Zodiaque. À de rares occasions, la Terre est ainsi placée que toutes ses « compagnes » sont positionnées du même côté de la voûte céleste et semblent s’aligner. L’événement est plutôt appelé « parade des planètes ».

Utiliser des jumelles ou une petite lunette

Pour observer le chapelet d’astres en entier entre l’est et le sud, il faudra se tenir prêt très tôt, autour de 4 h 30, voire 4 heures. Il est important de trouver un endroit où l’horizon est dégagé, condition sine qua non pour voir Mercure, qui fera son apparition très peu de temps avant le lever du Soleil. « Il faudra être aux aguets, car ça ne va pas durer des heures. Je dirais une quinzaine de minutes entre le moment où Mercure sera suffisamment haute pour être visible et la fin du crépuscule. On ne sera plus dans la nuit noire », prévient Pascal Descamps, responsable du service de calculs astronomiques et de renseignements de l’IMCCE (Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides). Mercure peut représenter un défi. « C’est toujours assez difficile de l’apercevoir. C’est la planète la plus proche du Soleil. Elle baigne complètement dans l’éclat solaire, poursuit Pascal Descamps. Ce sera impossible de la voir à l’œil nu. Il faudra utiliser des moyens optiques comme une paire de jumelles ou une petite lunette. On pourra réussir à la trouver en sachant où elle est : entre le Soleil et Vénus. » À l’inverse, cette dernière affichera une insolente brillance, impossible à manquer. On n’aura aucune difficulté non plus à sa droite Mars la rouge, puis les géantes Jupiter et Saturne, et pourquoi pas à deviner les anneaux de cette dernière avec des jumelles ou une lunette. Ces instruments serviront s u r t o u t à l o c a l i s e r deux minuscules points bleu[1]tés. Le plus à gauche, Uranus, sera intercalé entre Vénus et Mars. Quant à Neptune, elle sera positionnée entre Jupiter et Saturne. « C’est l’un des intérêts de ce rapprochement : utiliser les grandes planètes brillantes pour trouver les petites qui ne le sont pas. Uranus et Neptune, ce n’est pas spectaculaire car elles sont très éloignées, mais leur apparence se distingue de celle d’une étoile, affirme Pascal Descamps. On peut essayer de les distinguer aux jumelles. La difficulté, c’est toujours de trouver un appui bien stable. Même pour observer un corps brillant, il faut bien se caler. C’est préférable d’utiliser une lunette sur un trépied.

Gaël Lombart in Aujourd’hui en France