mardi 13 janvier 2026
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France : Alain Orsoni, figure du nationalisme corse, a été abattu aux obsèques de sa mère

L’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, reconverti dans les affaires et ancien président du club de football d’Ajaccio, a été abattu lundi 12 janvier lors des obsèques de sa mère dans le village de Vero, dans le département français de Corse-du-Sud. Il s’agit sans doute de l’un des assassinats les plus retentissants sur l’île depuis celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012.

Le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, qui a confirmé la mort d’Alain Orsoni à l’AFP, a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée – confiée à la police et la gendarmerie – et doit se rendre sur les lieux du crime. Les faits se sont produits autour de 16h30 heure locale (15h30 TU). Alain Orsoni est décédé sur place, a ajouté une autre source proche de l’enquête, évoquant la piste d’un sniper.

Rapidement, le tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) s’est co-saisi de l’enquête avec la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, ont annoncé à l’AFP le Pnaco et le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.

Une enquête a été ouverte pour « assassinat en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime » et « participation à une organisation criminelle ». Elle a été confiée à la police judiciaire d’Ajaccio et à la brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée corse dépendant de l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclo), à Nanterre. Il s’agit de la première saisine du Pnaco depuis son lancement début janvier. Un magistrat de la Jirs est sur place et un autre du Pnaco y sera dès mardi 13 janvier, selon le procureur de Marseille.

Alain Orsoni a été touché en plein cœur d’une balle tirée sans doute à plusieurs centaines de mètres alors qu’il se tenait devant la tombe de sa mère, selon une source proche de l’enquête. Ce mode opératoire est particulièrement choquant en Corse où règne une grande ferveur catholique et où la tradition voue un grand respect aux morts.

Un militant nationaliste de la première heure

Alain Orsoni, âgé de 71 ans, était un militant nationaliste de la première heure. Il avait déjà été visé par un projet d’assassinat en 2008. Son frère Guy avait été assassiné en 1983, prénom qu’il avait donné ensuite à son fils, figure du banditisme corse. Après des études à Paris, Alain Orsoni était devenu l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), qualifié plus tard par ses adversaires de « Mouvement pour les affaires ».

Réputé pour son sens politique et son sang-froid, Alain Orsoni, condamné et brièvement écroué dans plusieurs dossiers, a quitté l’île méditerranéenne en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il a vécu durant 13 ans en Floride puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, et en Espagne.

Peu après son retour d’exil, un projet d’assassinat le visant était déjoué par la police durant l’été 2008. Il avait, au même moment, succédé à la présidence du club de foot de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) à son ami Michel Moretti, un ancien nationaliste qui venait de mourir.

Alain Orsoni a présidé le club à deux reprises, de 2008 à 2015, puis en 2022 pour une saison seulement. L’ACA était alors de retour en Ligue 1. Mais il a finalement été relégué dès la saison suivante, en raison de ses graves difficultés financières avant d’être exclu mi-août de toutes compétitions nationales pour la saison 2025-2026.

En 2012, après l’assassinat de plusieurs notables ajacciens et proches de l’ACA – comme l’ancien bâtonnier Antoine Sollacaro et le président de la chambre de commerce Jacques Nacer – Alain Orsoni avait dénoncé une « cabale médiatique » contre lui.

M. B.