Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur, le jeudi 16 avril 2026, à 21h TU. Comme un signe d’approbation, « le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu », a annoncé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. Une décision qui a provoqué la joie du président américain, Donald Trump, qui a assuré à l’AFP qu’un accord avec Téhéran est « très proche ».
Ce qu’il faut retenir
► Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé dans l’après midi la réouverture complète du détroit d’Ormuz pour les navires commerciaux. Une décision saluée par Donald Trump sur son réseau Truth social, qui a également provoqué la chute du prix du baril de pétrole. Le président américain a pour autant fait savoir que le blocus de l’armée américaine durerait tant qu’un accord ne serait pas trouvé, ce qui pourrait bientôt être le cas, a affirmé le chef de l’État.
► Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la création d’une mission neutre multinationale à l’issue d’une réunion en visioconférence avec 49 pays, et en présence des chefs d’État britannique, italien et allemand. L’objectif de l’initiative, à laquelle une dizaine de pays ont déjà adhéré, sera de sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, une fois la situation stabilisée. Une prochaine réunion sera organisée la semaine prochaine, à Londres, afin d’en définir la « planification militaire ».
► Annoncé dans la journée du jeudi 16 avril par le président américain, un cessez-le-feu est entré en vigueur au Liban à 21h TU le soir même, après une nouvelle journée de violents échanges entre l’armée israélienne et le Hezbollah, qui ont duré jusqu’à la dernière minute. Une situation pour autant fragile : le Hezbollah a affirmé que ses combattants gardaient « le doigt sur la gâchette » en cas de violation par Israël de la trêve. L’opération militaire au Liban n’est « pas terminée », a affirmé de son côté le ministre de la Défense israélien, Israël Katz.
► Si les États-Unis maintiennent leur blocus maritime et « créent de l’insécurité pour les navires commerciaux de l’Iran et les pétroliers », cela constituera « le prélude » à une violation du cessez-le-feu, en vigueur depuis le 8 avril, a estimé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes, mercredi 15 avril.
À la suite du cessez-le-feu, Benyamin Netanyahu est pris en étau entre les injonctions de Donald Trump et une opinion publique fracturée
Le ton semble monter entre Washington et Jérusalem. Donald Trump a frappé un grand coup sur ses réseaux sociaux en affirmant avoir « interdit » à Israël de bombarder le Liban après l’entrée en vigueur de la trêve. « Ça suffit ! », a martelé le président américain, imposant de fait sa volonté à son allié au premier jour d’un cessez-le-feu fragile. Pour Benyamin Netanyahu qui déclare qu’Israël n’a « pas encore fini le travail » contre le Hezbollah, cette nouvelle séquence ressemble à un exercice d’équilibriste de plus en plus périlleux.
Officiellement, le Premier ministre affirme avoir accepté ce cessez-le-feu pour « donner une chance » à une solution politique, à la demande de son « ami » Donald Trump. Mais derrière la rhétorique des « résultats majeurs », l’image de l’homme fort d’Israël vacille.
Placé sous la tutelle quasi-directe de la Maison Blanche, Netanyahu doit aussi contenir la fureur de son aile droite, qui crie à la capitulation avant d’avoir « fini le travail ». Dans le Nord, la colère ne retombe pas : pour les habitants, le compte n’y est pas. Malgré la « zone de sécurité » vantée par le gouvernement, beaucoup refusent de continuer à vivre sous la menace des drones et des stocks de roquettes du Hezbollah.
À la Knesset, le Parlement israélien, l’opposition dénonce une trêve dictée par l’étranger plutôt que par les impératifs de sécurité. Entre l’injonction de Trump et une opinion publique fracturée, Benyamin Netanyahu apparaît plus que jamais pris en étau, contraint de naviguer à vue alors que le Hezbollah, bien qu’affaibli, n’est toujours pas désarmé et n’est pas près de l’être.
La réouverture du détroit d’Ormuz saluée à l’international, mais le retour à la normale va prendre du temps
Le ministre iranien des Affaires étrangères a annoncé, vendredi 17 avril, la réouverture du détroit d’Ormuz. Couloir maritime marchand par où transite près de 20% du pétrole mondial, sa fermeture depuis cinq semaines a eu de fortes répercussions sur l’économie mondiale, qui pourrait mettre du temps à s’en remettre.
Air Canada suspend des liaisons avec un aéroport de New York en raison du coût du carburant
Air Canada a annoncé vendredi suspendre ses vols au départ de Montréal et Toronto à destination de l’aéroport international John-F.-Kennedy de New York de juin à fin octobre, en raison de la hausse du coût du kérosène due à la guerre en Iran.
« Depuis le début du conflit avec l’Iran, certaines liaisons et certains vols moins rentables ne sont plus viables économiquement, nous procédons donc à des ajustements en conséquence », a expliqué Air Canada.
La compagnie nationale a toutefois indiqué qu’elle continuerait d’assurer 34 vols quotidiens depuis six villes canadiennes à destination de l’aéroport LaGuardia de New York et de Newark (New Jersey). Air Canada prévoit de reprendre ses vols vers l’aéroport John-F.-Kennedy après le 25 octobre.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne dément le transfert de l’uranium enrichi vers les États-Unis
« L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part. Tout comme le sol iranien est sacré à nos yeux, cette question revêt une grande importance pour nous », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d’État.
« Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire », avait déclaré hier le président américain, en référence aux stocks d’uranium hautement enrichi en possession de l’Iran, avant de réaffirmer vendredi qu’il ne restait pas de « points de blocage » pour conclure un accord.
Le cessez-le-feu au Liban, le verrou qui empêchait l’ouverture du détroit d’Ormuz
Dans une série de postes sur X, l’agence de presse iranienne raconte, d’après les dires d’une de leur source bien informée, comment le gouvernement iranien s’est décidé à ouvrir le détroit d’Ormuz.
Selon le média officiel, la réouverture du détroit d’Ormuz par Téhéran était l’une des conditions au cessez-le-feu proposé par le Pakistan. Seulement, l’échec d’étendre la trêve américano-iranienne au Liban représentait un point d’achoppement pour le régime iranien, qui n’a donc pas respecté son engagement. L’entrée en vigueur, hier soir, du cessez-le-feu entre le Liban et Israël a donc été déterminante dans le lavée du blocus iranien.
D’après la source de l’agence Tasnim, Téhéran a imposé trois conditions au passage des navires : il doit s’agir de navires commerciaux, le passage de bateaux militaires est interdit et les cargos ou bâtiments concernés ne doivent pas avoir d’attache avec les pays hostiles à l’Iran. Qui plus est, ceux-ci doivent emprunter un passage défini par l’autorité iranienne responsable du trafic, « le Centcom (commandement américain) ayant déjà confirmé, avant le début de la guerre, que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) assurait la gestion du détroit d’Ormuz », assure le poste. La personne interrogée par Tasnim a pour autant prévenu que si le blocus de la marine américaine s’étendait, cela serait considéré comme une violation du cessez-le-feu.
Les États-Unis ont-ils la capacité de déminer le détroit d’Ormuz ?
Donald Trump a affirmé aujourd’hui que l’Iran retirait toutes ses mines marines du détroit d’Ormuz avec l’appui des États-Unis, sans toutefois donner plus de détails. Nettoyer le détroit d’Ormuz de la présence de mines navales exigera cepend
En l’occurrence, l’US Navy a désinvesti le déminage maritime depuis des décennies. Et, à concernant Ormuz, les deux destroyers présents dans le détroit n’ont pas de réelles capacités pour le nettoyer. Historiquement, au sein de l’Otan, la marine américaine s’est toujours appuyée sur le savoir-faire de ses alliés comme les marines française, belge et néerlandaises, expertes en guerre des mines.
Pour l’heure, personne ne sait si le détroit est réellement miné, Téhéran laissant planer le doute. Certains médias américains évoquent la présence d’une douzaine de mines, sans certitude
Le Liban travaille à « un accord permanent » après le cessez-le-feu avec Israël
Lors d’une adresse à la nation, le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé que son pays et les Israéliens travaillent à la conclusion d’un « accord permanent » qui devrait prendre la suite du cessez-le-feu instauré hier soir.
« Nous nous retrouvons dans une nouvelle phase », a déclaré le chef de l’État : « Une phase de transition (…) pour travailler à un accord permanent qui sauvegarde les droits de notre peuple, l’unité de notre pays et la souveraineté de notre nation ». Ces pourparlers directs, alors que le Liban est en état de guerre avec Israël depuis 1948, ne sont « pas un signe de faiblesse ou une concession », a ajouté Joseph Aoun, promettant de ne pas « céder un iota du territoire national ». « Nous sommes confiants dans le fait que nous sauverons le Liban, (…) nous avons repris le Liban et le pouvoir de décision du Liban pour la première fois depuis près d’un demi-siècle », a déclaré Joseph Aoun, ajoutant qu’« aujourd’hui, nous négocions pour nous-mêmes, (…) nous ne sommes plus un pion dans le jeu de quiconque, ni le théâtre des guerres de qui que ce soit, et nous ne le serons plus jamais. »
Trois Kurdes iraniens tués dans des frappes dans le nord de l’Irak, selon un groupe d’opposition
Des frappes de drones et de roquettes ont tué vendredi trois Kurdes iraniens, dont deux combattantes, dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, a indiqué un groupe d’opposition en exil, accusant l’Iran d’en être responsable.
« La République islamique d’Iran a lancé aujourd’hui une nouvelle vague de frappes de missiles et de drones visant des camps civils du PDKI », tuant une personne et en blessant une autre, a affirmé sur X le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran. Dans une attaque distincte, deux combattantes ont été tuées et d’autres blessées, a-t-il ajouté.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’Iran a mené plusieurs frappes contre des positions de groupes kurdes iraniens en exil en Irak.
Les marchés mondiaux jubilent après la réouverture du détroit d’Ormuz
Chute du prix du pétrole, Bourses en hausse, recul des taux d’emprunt : les marchés mondiaux saluent vendredi à l’unisson l’annonce par Téhéran de la réouverture complète du détroit d’Ormuz pour les navires commerciaux.
« C’est la bonne nouvelle de ce vendredi », et c’est « une première depuis le début du conflit », relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB. Cette annonce a provoqué une forte chute des prix du pétrole: le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, baissait vers 15H50 GMT de 10,13% à 89,32 dollars, quand son équivalent américain, le WTI, perdait 11,73% à 83,58 dollars.
« C’est un coup de pouce massif » pour les marchés, « perçu comme un apaisement considérable des tensions » dans la région, résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets. Le détroit d’Ormuz est en effet le principal point de préoccupation des investisseurs depuis le début de la guerre, son blocage ayant provoqué une forte hausse des prix du brut ces dernières semaines. Mécaniquement, les taux d’intérêt des États, qui avaient flambé au mois de mars en raison des craintes d’inflation provoquées justement par cette flambée du pétrole, reculaient nettement.
Donald Trump assure à l’AFP qu’un accord avec l’Iran est « très proche »
Donald Trump a assuré vendredi auprès de l’AFP qu’il n’y avait pas de « points de blocage » pour conclure un accord de paix avec l’Iran, ajoutant que ce dernier était « très proche ».
« Nous sommes très proches d’obtenir un accord », a dit Donald Trump, joint par téléphone. À la question de savoir s’il restait des désaccords entre les deux pays, le président américain a répondu : « pas de points de blocage ».
Le Premier ministre libanais s’engage à assurer le contrôle total de Beyrouth et à limiter la détention d’armes aux forces de l’État
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré que son gouvernement prendrait le contrôle total du gouvernorat de Beyrouth, qui comprend la capitale, et limiterait le port d’armes aux seules forces de l’État.
Dans un message publié sur X, M. Salam a ajouté que cette mesure visait à « préserver la sûreté, la sécurité et les biens des citoyens ». Il a précisé que cette décision était « irrévocable et serait strictement appliquée ».
Les détracteurs affirment que les Forces armées libanaises contrôlent déjà l’ensemble du territoire de Beyrouth et que le Hezbollah n’a aucune présence militaire visible dans la capitale, rapporte Al Jazeera. Certains opposants du chef du gouvernement ont fait valoir que l’annonce par le gouvernement de son intention de désarmer le Hezbollah dans la capitale pourrait servir de prétexte à de nouvelles attaques meurtrières d’Israël contre Beyrouth.
Liban : des premiers retours observés vers le sud du Liban
L’armée libanaise a accusé vendredi, à l’aube, Israël d’avoir commis des « actes d’agression » et des bombardements en violation de la trêve. Des accrochages plus ou moins violents se déroulent par intermittence dans la ville de Bint-Jbeil, dans le secteur central du Liban-Sud et la grande bourgade frontalière de Khiyam, plus à l’est.
L’artillerie israélienne a lancé une dizaine d’obus sur un village et le Hezbollah a revendiqué le tir d’une salve de roquettes sur un regroupement de soldat israélien dans le secteur oriental du Liban-Sud. Un drone israélien a également mené une frappe sur une voiture dans une localité à dix kilomètres de la frontière.
Malgré ces accrochages, le niveau de violence est incomparable avec l’intensité des combats enregistrée avant le début de la trêve. Avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée libanaise, le Hezbollah et le président du Parlement, Nabih Berry, lui-même originaire du Sud-Liban, ont appelé les déplacés à ne pas regagner leurs villages en raison de la persistance du danger. Qu’importe les appels, des centaines de voitures se sont dirigés vers les villages au sud du Litani et la banlieue sud de Beyrouth. Cependant, ce mouvement de retour reste limité comparé à ceux enregistrés lors des guerres précédentes avec Israël.
Le cessez-le-feu, une « chance pour la diplomatie », estime l’ambassadeur d’Iran au Pakistan
Dans un poste sur X, Reza Amiri Moghadam, ambassadeur d’Iran au Pakistan a estimé que « la possibilité d’un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz » donne aujourd’hui « une chance à la diplomatie, grâce aux initiatives intensives du Pakistan ».
Selon le diplomate, ces différents processus ouvrent aujourd’hui « la voie à des efforts globaux, unifiés et concertés visant à instaurer une paix permanente et une sécurité collective ».
Un média d’État libanais fait état d’un mort dans une frappe israélienne dans le sud, malgré la trêve
L’agence de presse nationale libanaise a fait état d’un mort dans une frappe israélienne dans le sud du Liban vendredi, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours dans la guerre entre Israël et le Hezbollah.
« Un motard a été tué (…) dans la zone de Bint Jbeil après avoir été visé par un drone ennemi », a précisé l’agence ANI. Selon les termes de la trêve entrée en vigueur à minuit (jeudi 21h00 GMT), Israël se réserve le droit de continuer à prendre pour cible le mouvement pro-iranien Hezbollah pour empêcher des attaques « planifiées, imminentes ou en cours ».
Le président américain enchaine les déclarations sur son réseau social, Truth social
Dans un douzième poste d’affilé sur son réseau Truth social, Donald Trump a affirmé que l’Iran a accepté de « ne plus jamais fermer le détroit d’Ormuz ». Dans cette série de postes, publiés en l’espace d’une heure, il en a profité pour remercier différentes parties prenantes, assuré que le « Liban va retrouver sa grandeur » et que le détroit d’Ormuz sera est « en train d’être déminé, ou sera déminé » par l’Iran « avec l’appui des États-Unis ».
Le chancelier allemand juge « souhaitable » une participation américaine à la mission de sécurisation du détroit d’Ormuz
Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé ce vendredi « souhaitable » une participation des États-Unis à une éventuelle mission internationale visant à sécuriser la circulation dans le détroit d’Ormuz, à l’issue d’une réunion multinationale à Paris.
L’Allemagne « participera aux autres discussions de planification militaire » en cours et « nous accueillerons favorablement, si possible, une participation des États-Unis d’Amérique », a déclaré le chancelier.
La réouverture d’Ormuz annoncée par l’Iran doit être « durable » et « sans péage »
La réouverture du détroit d’Ormuz annoncée vendredi par l’Iran doit être « durable », a estimé le Premier ministre britannique, Keir Starmer, à l’issue d’une réunion multinationale à Paris.
Il a également appelé de ses vœux un passage à Ormuz « sans péage et sans restriction », rejoignant une demande formulée quelques instants plus tôt par le président français, Emmanuel Macron. « Cela renforce la nécessité du travail que nous avons mené cet après-midi », à Paris lors d’une réunion internationale pour mettre en place une coalition pour sécuriser le détroit, a-t-il ajouté lors d’une déclaration aux côtés d’Emmanuel Macron, Georgia Meloni et Friedrich Merz.
M. L. et P. L.
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