Le contrat de lancement de l’usine de fabrication de modèles Sneakers, à Baba Ali, à Alger, a fait l’objet d’une grandiose cérémonie, à l’hôtel Sheraton. Cet engagement fort qui fait, de facto, de l’Algérie un hub de production et d’export pour le Moyen-Orient, l’Afrique et le Sud de l’Europe, a donc été au centre d’un paraphe qui scelle ce partenariat stratégique.
Le PDG de Tradifoot, Djamel Ramoul, et le vice-Président chargé des affaires financières de Skechers, Douglas Parker, ont tout deux apposé leurs signatures sur le document qui annonce l’ambitieux projet d’usine d’où sortiront les Skechers « made in bladi ». L’événement a été supervisé par Walid Benhamed et Daniel Levy, respectivement Directeur général adjoint de Tradiffoot et Président des ventes internationales de Skechers. S’ensuivirent de chauds applaudissements émanant d’une assistance venue nombreuse et comptant la famille de Tradifoot et de nombreux partenaires.
« Ce pacte augure d’un avenir radieux qui verra l’essor de l’industrie algérienne », a fait savoir Walid Benahmed en évoquant une initiative industrielle inédite, soit la première en Afrique et dans le monde arabe de par son envergure. « Il ne s’agit pas là d’une simple ligne de production, mais de la première usine à l’échelle de l’Afrique et du monde arabe », a-t-il notifié en annonçant des objectifs ambitieux pour 2027 et dont la portée dépassera les frontières, avec la production de deux millions de paires de chaussures/an, et la perspective d’atteindre à moyen terme un taux d’intégration de 70%, avec à la clé des centaines de postes d’emploi et une sensible réduction de la facture des importations. « C’est là notre participation à la stratégie d’export voulue par les plus hautes autorités de l’État », a-t-il ajouté. « Ce projet incarne l’orientation stratégique de l’État visant à substituer la production nationale aux importations en attirant les investissements étrangers productifs et en renforçant les partenariats avec les grandes marques mondiales », a-t-on d’ailleurs initialement énoncé. Les volumes d’exportation iront crescendo à partir de 2028, avec un taux d’exportation appelé à dépasser la moitié de la production à l’horizon 2031. Levy a, pour sa part, indiqué, que « la marque Skechers, en dépit, du phénomène actuel de la vente en ligne, ne se départit pas de la bonne vieille méthode de commercialisation, à savoir les boutiques et stores ». « Nous croyons encore en les boutiques et les stores, ces espaces, où, le client peut toucher la chaussure et l’essayer ». Il a, dans la foulée, rappelé des proportions de production propres à la marque et qui font ressortir des quotas dédiés aux hommes (39%) aux femmes (49%) et aux enfants (12%).
Il faut rappeler qu’à ce stade, c’est l’industrie de la chaussure en Algérie qui franchit une étape majeure, tout en envoyant un signal fort sur la bonne santé du climat de l’investissement en Algérie. Comme dans d’autres domaines, elle illustre parfaitement la transformation du secteur, qui passe d’une forte dépendance aux importations à une véritable politique de substitution et de production locale. Un grand point de gagné donc pour le made in Algeria qui enregistre, notons-le, des succès remarquables par le truchement d’autres joint-ventures porteuses à l’instar de celle liant l’Algérienne des industries textiles Tayal à la marque mondiale de conception, fabrication et distribution d’articles et d’équipements sportifs Décathlon. Cette dernière produit, à la faveur de ce partenariat, une large gamme d’articles sous le label made in bladi . Des vêtements sont ainsi confectionnés dans l’usine implantée à Sidi Khettab, à Relizane, selon les standards les plus aboutis de conformité. Pareille approche est donc perceptible à travers l’alliance menée par l’entreprise algérienne avec l’industriel américain.
Au cœur de cette dernière figure Tradifoot Factory, une unité industrielle qui sera implantée dans la zone industrielle de Baba Ali, à Alger. Elle occupera une superficie totale de 22 000 m², dont 18 000 m² bâtis. L’infrastructure intégrera des lignes de production et d’assemblage automatisées, plusieurs ateliers spécialisés ainsi que des plates-formes logistiques et techniques alignées sur les standards internationaux du partenaire industriel.
« Tradifoot développe un projet d’usine moderne de chaussures de sport, dans le cadre d’un partenariat stratégique avec la marque internationale Skechers », avait initialement annoncé la société. Il est ici question d’une capacité de production évolutive devant passer de 300 000 paires par an en 2027 à 2 millions de paires annuelles en 2031, avec en ligne de mire l’export vers les pays africains et méditerranéens. L’Algérie sera de fait un hub régional de production et d’export. A-t-on assuré. Une des plus grosses marques de chaussures de sport au monde avec Nike, Adidas et Puma, Skechers conçoit, fabrique et commercialise une gamme variée de chaussures, vêtements et accessoires pour hommes, femmes et enfants. La société, dont les collections sont disponibles dans environ 180 pays et territoires, gère ses activités internationales par le biais d’un réseau de filiales en propriété exclusive, des coentreprises et des accords de distribution. Skechers, qui fabrique l’essentiel de ses chaussures de sport dans des pays asiatiques, dont le Vietnam et la Chine, a été rachetée en septembre 2025 par le fonds d’investissement 3G Capital, pour 9,4 milliards USD.
Espérons que Tradifoot Factory permettra de rendre les produits de la marque beaucoup plus accessibles localement tout en stimulant l’industrie de la chaussure en Algérie.
Il faut rappeler que l’aventure de la marque de chaussures américaine avec son partenaire algérien Tradifoot dure depuis dix-sep ans, et, ça a fini par payer.
Mohammed Bessaïah
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé