jeudi 25 juin 2026
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Kaspersky présente le bilan alarmant des cybermenaces en 2025 78,5 millions d’incidents locaux

Lors de la deuxième édition de sa Cyber Week organisée à l’hôtel Sofitel d’Alger, Kaspersky a dressé un constat alarmant sur les cyberattaques qui visent l’Algérie. Le pays figure toujours parmi les nations les plus exposées à l’échelle mondiale.

78,5 millions d’incidents locaux ont été détectés sur les appareils des utilisateurs algériens au cours de l’année 2025, affectant près d’un utilisateur sur deux. Un bilan qui propulse le pays au 9e rang mondial des territoires les plus ciblés

L’Algérie touchée par le fléau se classe au 9e rang mondial

Ces incidents concernent principalement « les infections provenant de supports physiques ou de logiciels installés localement, tels que les clés USB contaminées, les logiciels piratés ou les fichiers infectés ». Selon Gladys Salmouth, directrice de la communication corporate pour l’Europe et d’Afrique francophone, ces chiffres concernent les utilisateurs algériens membres du Kaspersky Security Network (KSN), ayant accepté de partager anonymement leurs données de sécurité afin d’alimenter les analyses mondiales de l’éditeur. Avec près d’un utilisateur sur deux touché par des menaces locales, l’Algérie occupe la 9e place mondiale des pays les plus exposés à ce type de risques, selon les données du KSN.

La légère décrue observée par rapport à 2024 (85,5 millions d’incidents recensés cette année-là, pour 52 % des utilisateurs touchés) ne doit pas faire illusion. Classée alors au 12e rang mondial, l’Algérie a en réalité progressé dans ce palmarès peu enviable, signe que la menace se concentre davantage qu’elle ne recule.

Parallèlement aux incidents locaux, 31,4 millions de tentatives d’attaques via le web ont été enregistrées en 2025. Ce chiffre représente certes une baisse de 35 % par rapport à l’exercice précédent, mais 29 % des internautes algériens en ont tout de même été victimes, plaçant le pays au 23e rang mondial pour cette catégorie.

La principale source de contamination reste hors ligne : clés USB, supports amovibles et logiciels piratés constituent les vecteurs privilégiés des cybercriminels ciblant le territoire algérien. Un phénomène directement lié aux habitudes numériques encore répandues dans le pays. « Aujourd’hui , un utilisateur dont le compte a été compromis peut, à son insu, devenir un vecteur d’attaque contre son entourage », soulignent les experts. Malgré l’évolution des techniques de cyberattaque, les vecteurs d’infection les plus courants demeurent relativement classiques. Les clés USB non sécurisées continuent de représenter la première source d’infection identifiée en Algérie.

Vol d’identifiants, menace en progression sur un an

Au milieu d’un tableau globalement orienté à la baisse, une catégorie tire son épingle du jeu dans le mauvais sens du terme : les password stealers, ces logiciels conçus pour aspirer mots de passe, accès bancaires et identifiants professionnels. Kaspersky en a recensé 287 834 détections en 2025, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2024.

Ce type de malware est particulièrement redouté des experts car il ouvre la voie à des offensives bien plus dévastatrices. Une fois les identifiants compromis, les cybercriminels disposent d’un sésame pour lancer des attaques par rançongiciel, pirater des comptes sensibles ou orchestrer des fraudes financières à grande échelle. La hausse des cyberattaques mobiles ciblant les smartphones Android suit d’ailleurs la même logique : dérober des identifiants pour monétiser l’accès aux données personnelles.

« Les chiffres montrent une évolution des modes opératoires plutôt qu’un recul du risque. Si certaines catégories d’attaques diminuent, l’Algérie reste confrontée à un niveau d’exposition particulièrement élevé, tandis que des menaces plus discrètes, comme le vol d’identifiants, poursuivent leur progression. La cybersécurité n’est plus uniquement une question technologique : elle constitue désormais un enjeu de résilience et de souveraineté numérique », déclare Georgy Kucherin, chercheur senior chez Kaspersky.

Cyberhygiène, utiliser les bonnes méthodes

Face à ce niveau d’exposition, Kaspersky a profité de saCyber Week pour sensibiliser les professionnels des médias aux bonnes pratiques numériques. Le message est clair : la technologie seule ne suffit pas. Le comportement de l’utilisateur reste le premier rempart contre les attaques. « Aujourd’hui, un utilisateur dont le compte a été compromis peut, à son insu, devenir un vecteur d’attaque contre son entourage », soulignent les experts. Malgré l’évolution des techniques de cyberattaque, les vecteurs d’infection les plus courants demeurent relativement classiques. Les clés USB non sécurisées continuent de représenter la première source d’infection identifiée en Algérie.

Parmi les recommandations mises en avant, le contrôle strict des supports amovibles arrive en tête, suivi du renforcement de la gestion des accès et de la généralisation de l’authentification multifactorielle. Des gestes simples, mais dont l’impact sur la réduction des risques est considérable.

Dans un contexte où les services publics, les télécommunications et les infrastructures énergétiques figurent parmi les secteurs les plus ciblés, la cybersécurité apparaît désormais comme une composante incontournable du développement numérique de l’Algérie. Au-delà des chiffres, Kaspersky veut répondre à une faille : l’usage persistant de mots de passe comme « 123456 » ou « password », et la sous-estimation des risques liés aux réseaux sociaux, au doxing (rechercher et divulguer des informations personnelles sur une personne en ligne sans son consentement) et au « cyberharcèlement ». L’entreprise, qui protège plus de 400 millions d’utilisateurs dans le monde, insiste sur la cyber-hygiène comme « obligation » et non comme option.

« La cybersécurité repose autant sur les technologies que sur les comportements. Utiliser des solutions de sécurité fiables, maintenir ses équipements à jour, adopter des mots de passe robustes et activer l’authentification multifactorielle sont aujourd’hui des réflexes essentiels pour les particuliers comme pour les organisations. La sensibilisation reste l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement les risques », souligne Toufik Sid Ahmed, Directeur des Ventes de Kaspersky en Algérie.

Kaspersky ne cesse de mettre en garde sur les cybermenaces qui, chaque jour, font des dégâts.

Mohammed Bessaïah