mardi 21 avril 2026

Cœur protégé, dialyse retardée : des traitements font la différence

La déficience cardiaque affecte 64,3 millions de personnes dans le monde, selon l’OMS. Chaque année, environ 4 millions de nouveaux cas sont recensés. En Algérie, la prévalence augmente exponentiellement aux facteurs de risque. Par extrapolation, l’on estime que 990 000 algériens souffrent d’insuffisance cardiaque. 30%des malades arrivent fatalement à la dialyse en quelques années. Des médicaments changent « la donne ». Ils font disparaître l’Insuffisance cardiaque comme ils stoppent la maladie rénale chronique chez des millions de diabétiques et hypertendus.

En cours d’une journée de formation, qu’organise NHS Mediacom avec le parrainage de l’Association des laboratoires d’analyses médicales, la Société algérienne de cardiologie et la Société algérienne de médecine générale et le soutien de producteurs pharmaceutiques dont AstraZeneca et El Kendi, trois praticiens spécialistes exposent le syndrome cardio-rénal sous l’aune des facteurs de risques, des contraintes diagnostiques, des options thérapeutiques et de la pharmaco-économie.

Le Professeur Mohamed Chettibi, chef de service de cardiologie au CHU Issad Hassani de Béni Messous répercute une classification de l’OMS des causes principales de mortalité chez les personnes âgées de 30 à 69 ans. Il en sort que les maladies non transmissibles sont responsables de 65,7% des décès, chaque année. Dans cette proportion, les maladies cardiovasculaires entrainent la mort dans 36% des cas, loin devant les cancers (13% ), les maladies transmissibles (15%), les pathologies d’origine respiratoire (3%), les traumatismes (10%)

Le praticien clinicien précise que les femmes, en général, souffrent plus d’hypertension et de troubles cérébrovasculaires, tandis que les hommes sont davantage exposés aux infarctus du myocarde et à certaines pathologies cardiaques ischémiques.

Il existe des alternatives pour le diagnostic et le traitement. « Les principaux traitements de l’insuffisance cardiaque sont disponible en Algérie » assure Pr. Chettibi. Il estime, néanmoins, primordial « d’intensifier les efforts pour optimiser les parcours de soins des patients, surtout dans la période qui suit leur première admission à l’hôpital ».

Les traitements retardent de manière significative les complications de l’insuffisance cardiaque, notamment la détérioration de la fonction rénale. Le Professeur Farid Haddoum, chef de service néphrologie et hémodialyse au CHU Mustapha tire la sonnette d’alarme. « Qui est sûr et certain que ses propres reins fonctionnent correctement ? » Question difficile, car la maladie rénale « est silencieuse et pernicieuse ». Ce qui conduit au diagnostic tardif, et fatalement à la dialyse chronique. Selon les données nationales de 2025 livrées par le Pr Haddoum, sur les 42 500 insuffisants rénaux, 3500 ont reçu une greffe, 1000 sont soignés en dialyse péritonéale et… 38 000 sont en hémodialyse.

« L’hémodialyse chronique est l’échec de la médecine » assène le praticien, dès lors que des médicaments inhibiteurs comme les ISRAA, les ISGLT2 et les aGLPl -et d’autres à venir en Algérie-protègent le rein de manière significative. Le traitement coute 35 000 à 70 000 DA par patient par an alors que la dépense de l’hémodialyse vaut 2 millions de dinars par patient par an.

Professeur Zoubir Sari, médecin spécialiste en médecine interne, aborde la problématique sous l’optique de la pharmacoéconomie. Il souligne que la prise en charge sanitaire de l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale constituent « des facteurs de d’effondrement des systèmes de santé ». Il explique que « le syndrome cardio-rénal entraine des hospitalisations répétées, souvent pour décompensation cardiaque ou rénale » et nécessite des « technologies coûteuses comme la dialyse, biomarqueurs, échocardiographie, soins intensifs ».

Ce syndrome, dit-il, impacte autant sur les revenus des familles (perte de revenu, dépenses non remboursées, stress financier) que sur le budget de l’Etat (pression sur les assurances et saturation des budgets hospitaliers). Pr. Sari recommande une « prise en charge intégrée dans un parcours de soins coordonné cardio-rénal ».

Il est temps, selon le praticien, qu’on sorte « d’une médecine en silos pour une approche coordonnée et centrée sur les fondamentaux de la santé et une médecine », soit prévenir et anticiper. Il évoque la prévention primaire (maintenir la personne le plus longtemps en bonne santé) et la prévention secondaire et tertiaire (améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients en intervenant plus tôt et de manière globale.

Les pharma jouent un rôle important dans l’amélioration du parcours de soins en fournissant des molécules performantes, en assurant la formation continue des professionnels de santé et en soutenant les stratégies de gestion intégrée. Ce qui favorise une approche optimisée pour le patient. Ils contribuent en outre à la politique des hautes autorités du pays de favoriser la production pharmaceutique in-situ et de réduire conséquemment la facture d’importation des médicaments. Deux exemples de groupes pharmaceutiques investis dans cette démarche.

AstraZeneca : engagement à long terme en Algérie en participant au renforcement d’un système de santé robuste et axé sur le patient, notamment par l’amélioration des parcours de soins et l’accès à l’innovation. En 2022, l’entreprise a annoncé un plan visant à renforcer durablement sa présence en Algérie, par la production locale de médicaments indiqués dans le diabète, le cancer, les maladies respiratoires chroniques, les pathologies gastrointestinales ainsi que les maladies cardiovasculaires.

En 2024, le groupe a intégré la fabrication de molécules innovantes. « AstraZeneca reste pleinement engagée à faire progresser des solutions innovantes tout en renforçant durablement les bases de la production pharmaceutique en Algérie », affirme Leila Mrad, Country Director AstraZeneca Algerie.

Le groupe pharmaceutique se positionne dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires, rénales et métaboliques, par le biais de la fabrication locale de traitements innovants. AstraZeneca, en partenariat avec les professionnels de la santé, promeut une stratégie globale axée sur la prévention, le diagnostic précoce et l’équité d’accès aux traitements. Ceci est réalisé tout en consolidant les compétences nationales et l’expertise médicale dans ces maladies chroniques interconnectées

Les laboratoire El Kendi : une capacité de production supérieure à 100 millions d’unités-vente annuellement. En Algérie, il a été un précurseur du « full process » et a élaboré une vaste gamme de 240 produits qui englobent aires thérapeutiques variés. Parmi ces spécialités, une part considérable est consacrée aux maladies cardiovasculaires (cardiologie), en plus d’autres domaines tels que la neuropsychiatrie ou l’oncologie. El Kendi, par le biais de son engagement constant en matière de Recherche & Développement et d’une stratégie axée sur l’innovation, aspire à satisfaire la demande grandissante en soins médicaux, surtout pour les maladies cardiovasculaires chroniques, en augmentant la production locale et l’accès aux soins.

Mohammed Bessaïah