mardi 20 octobre 2026
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DIRECT – Couvre-feu à Paris à partir de 23H00 ce lundi jusqu’à 6H00 mardi dans certains quartiers, annonce la préfecture de police

Des couvre-feux vont être instaurés dès ce lundi 19 octobre dans certains secteurs de Paris, notamment autour de la place de la République et des Halles, ainsi qu’à Lille, Douai, Wattignies et Denain, dans le Nord. Dans la capitale, les manifestations seront également interdites dans plusieurs quartiers à partir de 20h. Ces mesures interviennent après un week-end de mobilisation marqué par des violences et des pillages à travers la France. Alors que le gouvernement n’a toujours pas répondu aux revendications des manifestants, la coordination des « gilets jaunes » appelle à une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre.

Ce qu’il faut retenir

► Le week-end du 17 et 18 octobre a été marqué par de fortes mobilisations contre la vie chère, le manque de moyens dans l’éducation et la dégradation des services publics, réunissant anciens « gilets jaunes », lycéens, étudiants, militants du climat et agriculteurs. La coordination des « gilets jaunes » à l’origine des manifestations a annoncé lundi matin une nouvelle journée de mobilisation ce samedi 24 octobre.

► Ce lundi 19 octobre, Emmanuel Macron a reconnu des « défaillances d’anticipation et de renseignements » dans la gestion des manifestations, demandant à la police d’adapter ses méthodes face aux « casseurs ». La veille au soir, le président a dénoncé les agissements de « factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », accusés d’une « violence débridée ». Il a promis « toute la transparence » sur la stratégie du maintien de l’ordre et prévenu que les préfets pourraient aller « jusqu’à interdire » certains rassemblements pour protéger les villes.

► Des couvre-feux annoncés à Paris et dans quatre communes du Nord. Dans la capitale, les manifestations seront interdites dès 20h dans certains quartiers, et un couvre-feu entrera en vigueur à 23h autour de la place de la République et dans le secteur des Halles. À Lille, Douai, Wattignies et Denain, des couvre-feux sont prévus les nuits de lundi et mardi, de 20h à 6h, dans certains secteurs.

► Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a remis sa démission au président qui l’a refusée, « compte tenu de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre », a annoncé l’Élysée lundi matin. « Il a chargé le ministre de l’Intérieur de prendre toutes les dispositions pour faire la transparence sur les défaillances d’anticipation et de renseignements qui ont conduit aux violences », a ajouté la présidence française.

Le Premier ministre se rendra à Limoges vendredi, annonce Matignon

Le Premier ministre Sébastien Lecornu se rendra vendredi à Limoges, théâtre de violentes manifestations qui ont abouti à l’incendie de la mairie, a annoncé Matignon lundi. Le beffroi de l’Hôtel de Ville de Limoges s’est effondré samedi, après que des manifestants y ont mis le feu. Le maire Guillaume Guérin (LR) a critiqué la police qui a «reculé» face aux casseurs, «à Limoges comme dans d’autres villes».

La question de l’interdiction de LFI « peut être posée », estime Gérard Larcher

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a estimé lundi soir dans une interview au Figaro que la question de l’interdiction de La France insoumise pouvait être «posée», après les violences qui ont émaillé les manifestations en France samedi. «Nous avons pu dissoudre Génération identitaire [groupuscule d’ultradroite, ndlr] et La Jeune Garde [mouvement d’ultragauche, ndlr]. LFI est un parti politique qui concourt à l’expression de la nation. Je l’entends. Mais il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine. Je pense que la question peut être posée», dit le sénateur, interrogé sur cette interdiction, prônée notamment par le président de LR, Bruno Retailleau.

Pillages : comment les plateformes de revente réagissent-elles aux annonces suspectes ?

Après le pillage de quelque 3 000 commerces, des annonces de produits potentiellement volés circulent sur les plateformes de revente en ligne. Le gouvernement a demandé lundi soir leur retrait «sans délai» et la coopération des plateformes pour identifier les receleurs. Leboncoin assure contrôler automatiquement toutes les annonces avant leur publication, tandis que Vinted affirme avoir renforcé sa surveillance et supprimé des offres suspectes dès le week-end. Ces plateformes se sont également engagées à coopérer avec la police pour retrouver les auteurs des vols et les receleurs.

Laurent Nuñez à Marseille pour rencontrer le maire

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est arrivé lundi soir à la mairie de Marseille pour s’entretenir avec le maire Benoît Payan, qui a réclamé avec force sa venue après les violences et pillages survenus samedi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Benoît Payan a accueilli devant la mairie le ministre, qui avait reporté son déplacement initialement prévu lundi en début d’après-midi, en raison d’une réunion avec le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement. Les deux hommes sont immédiatement montés pour un entretien dans le bureau du maire, qui a vivement critiqué depuis samedi un manque de forces de l’ordre mobilisées dans sa ville, réclamant «des comptes» de l’État sur les violences et pillages.

Washington conseille aux Américains d’éviter les manifestations en France

La diplomatie américaine a conseillé lundi à ses concitoyens d’éviter les zones de manifestations en France, dans une alerte de sécurité qui appelle aussi à «prendre des précautions» en cas de proximité de grands rassemblements. L’alerte, émise sur le site de l’ambassade américaine à Paris, appelle les Américains à «éviter les zones de manifestations» et signale la mise en place de couvre-feux dans plusieurs villes à la suite des violences qui ont émaillé le pays durant le week-end.

Couvre-feux, état d’urgence, article 16 : quels pouvoirs pour le gouvernement face aux violences?

Après les violences du 17 octobre, le gouvernement fait face aux critiques d’une partie de la classe politique. Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont annoncé plusieurs mesures, notamment des couvre-feux localisés. Mais certains responsables politiques, dont Gabriel Attal et Bruno Retailleau, réclament l’instauration de l’état d’urgence. Quelles sont les possibilités légales dont dispose l’exécutif, jusqu’à l’éventuel recours à l’article 16 de la Constitution ?

2513 gardes à vue, 67 personnes incarcérées, «dizaines d’informations judiciaires», selon le ministre de la Justice

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé lundi 2513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end. Lors d’une interview sur TF1, le garde des Sceaux a également indiqué avoir envoyé «une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée», qui permettra de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures et «faire des géo-localisations des écoutes téléphoniques qui vont nous permettre de savoir (…) où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies».

Hôtel de ville incendié à Limoges : le Parquet national anti-terroriste «va savoir dans les prochaines heures s’il se saisit»

«Le parquet national anti-terroriste s’est placé en position d’observateur et va savoir, dans les prochaines heures, s’il se saisit» de l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges samedi, a annoncé lundi le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lors d’un entretien sur TF1. «S’il se saisit, cela veut dire que c’est un acte terroriste, c’est-à-dire que des personnes, notamment d’ultragauche, auraient organisé de façon évidente cette destruction de l’hôtel de ville», a poursuivi le garde des Sceaux, alors qu’environ 5000 personnes, dont 700 individus «radicalisés et extrêmement violents» selon les autorités, avaient participé à la manifestation de samedi dans la capitale limousine, où de violents affrontements avec les forces de l’ordre ont notamment eu lieu.

Débordements dans un centre commercial près de Lyon: 11 interpellations

Onze personnes ont été interpellées, lundi, après des «débordements» dans un centre commercial de Vaulx-en-Velin, près de Lyon, a indiqué la préfecture. «Une centaine d’individus a été dispersée», a-t-on précisé de même source, sans plus de détails. Selon la mairie de Vaulx-en-Velin, «une centaine» de jeunes gens, encagoulés et vêtus de noir, se sont rassemblés aux alentours du centre commercial Le Carré de Soie. Estimant qu’il y avait «un danger pour les commerces», des CRS ont été dépêchés. Des heurts ont opposé les forces de l’ordre et les jeunes gens. «Une dizaine» d’entre eux ont été interpellés, tous «mineurs», selon la mairie. Aucun pillage n’a été observé, a-t-on précisé de même source. Selon le quotidien local Le Progrès, qui a révélé l’information, des tirs de mortier d’artifice ont ciblé les CRS.

L’UE dit que le droit à manifester pacifiquement «doit être protégé» et dénonce les pillages

L’Union européenne a appelé lundi la France à «protéger» le droit à manifester pacifiquement, tout en qualifiant d’«inacceptables» les pillages et incendies qui ont eu lieu au cours du week-end. «Il ne faut pas assimiler les personnes qui manifestent pacifiquement à celles qui commettent des actes de violence», a souligné un porte-parole de la Commission, Markus Lammert. «Les incendies volontaires, les pillages et les attaques contre les individus ou des bâtiments publics sont inacceptables», a-t-il ajouté.

Lyon : couvre-feu dans l’hyper-centre de 21H ce lundi jusqu’à 06H00 mardi

La préfecture du Rhône a annoncé l’interdiction des manifestations ce lundi de 18H00 à 21H00 sur une partie de la presqu’île de Lyon et l’instauration d’un couvre-feu de 21H00 ce lundi jusqu’à 06H00 mardi. «Les manifestations, tous les cortèges, défilés, attroupements et rassemblements revendicatifs sur voie publique» sont interdits, de même que «la circulation des personnes, ainsi que leur présence sur la voie publique», est-il précisé dans un communiqué du préfet du Rhône Etienne Guyot. «Les bars, les restaurants, les cinémas et les salles de spectacles restent ouverts» et «la circulation des transports en commun et des véhicules demeure possible», est-il ajouté.

Le Sénat lance une mission d’information après «d’importants dysfonctionnements» durant le week-end

La commission des Lois du Sénat a annoncé lundi le lancement d’une mission d’information sur les violences ayant émaillé le week-end dans plusieurs villes de France, espérant faire la lumière sur les «importants dysfonctionnements dans l’anticipation et la préparation du dispositif de maintien de l’ordre». La commission des Lois entend notamment «enquêter» afin d’établir «la chaîne des événements» et «déterminer les responsabilités administratives, institutionnelles, juridiques et politiques des événements survenus au cours de ces deux jours», explique un communiqué du Sénat.

Couvre-feu à Paris à partir de 23H00 ce lundi jusqu’à 6H00 mardi dans certains quartiers, annonce la préfecture de police

Le préfet de police de Paris Patrick Faure a pris plusieurs arrêtés pour interdire les manifestations à partir de 20H00 ce lundi jusqu’à 6H00 mardi dans certains quartiers de la capitale et instaurer un couvre-feu dans des secteurs plus restreints dont la place de République à partir de 23H00, selon la préfecture de Paris. Le couvre-feu interdit «strictement toute présence dans les périmètres plus restreints» que ceux définis pour les interdictions de manifester, «de la place de la République et du secteur des Halles». «La sécurité de tous rend ces dispositions nécessaires pour rétablir la paix publique à laquelle une minorité de délinquants a gravement porté atteinte», a ajouté la préfecture de police de Paris.

Deux policiers municipaux agressés en marge des pillages à Paris

Deux policiers municipaux parisiens, non armés, ont été agressés dimanche soir en marge des pillages et ont dû aller se réfugier chez des habitants, a-t-on appris lundi auprès de la maire du IXe arrondissement, Delphine Bürkli, qui a assisté à la scène. Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient aux alentours de 20H00 une patrouille dans le IXe arrondissement, où des pillages avaient lieu, lorsque leur véhicule a été pris à partie. Des individus ont «lancé un pavé sur la voiture, brisé le pare-brise, molesté l’homme et pris son téléphone portable», a raconté Delphine Bürkli (DVD) à l’AFP, en confirmant une information du Parisien.

« Les violences éclipsent nos revendications » : la colère des lycéens et des étudiants

Après les violences qui ont marqué la mobilisation du 17 octobre, les revendications des lycéens et des étudiants peinent à se faire entendre. Mobilisés depuis le début du mois pour davantage de moyens dans l’enseignement, la suppression de Parcoursup et face à un avenir incertain, les jeunes oscillent entre condamnation des débordements et compréhension de la colère qu’ils expriment. Au micro de Marius Laffont, ils reprochent également à Emmanuel Macron de s’être davantage attardé sur les violences que sur leurs revendications lors de son allocution dimanche soir, sans être convaincus par l’annonce de nouvelles négociations:

50 interpellations en Guadeloupe et en Martinique après une nuit de barrages et de pillages

Des barrages enflammés contre la vie chère ont été érigés en Martinique et 50 personnes ont été interpellées sur l’île ainsi qu’en Guadeloupe lors de heurts dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’AFP et les autorités. En Martinique, des barrages ont été installés dimanche soir sur la route nationale 5 (RN5), un axe du sud de l’île, en amont d’une mobilisation lundi à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), a constaté l’AFP.

Bruno Retailleau dénonce une «convergence entre l’extrême gauche et des racailles» issues de l’immigration

Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a dénoncé lundi «une convergence entre l’extrême gauche et des racailles» issues de l’immigration dans les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre, promettant la déchéance de nationalité pour les «pilleurs». Les violences de ces derniers jours «nous obligent à regarder en face l’échec de l’assimilation d’une partie des personnes issues de l’immigration», a affirmé le patron des Républicains lors d’une conférence de presse où il a réitéré son appel à Emmanuel Macron à déclarer «l’état d’urgence». «Oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s’est passé (samedi). Oui, je le dis, l’affirme», a-t-il déclaré. Invoquant les «retours des interpellations» pour justifier son lien entre violences et immigration, Bruno Retailleau a assuré qu’il y avait «une convergence entre l’extrême gauche et aussi des racailles, des délinquants, venant de banlieues».

Matignon annonce de premiers couvre-feux pour les nuits de lundi et mardi dans le Nord à Lille, Douai, Wattignies et Denain

Matignon a annoncé de premiers couvre-feux pour lundi et mardi à partir de 20H00 et jusqu’à 06H00 du matin dans quatre communes du Nord, dont Lille, avec l’accord des maires concernés. Ces couvre-feux, qui concernent aussi Douai, Denain et Wattignies, sont en cours de finalisation et vont concerner des «portions» de ces communes, a précisé la préfecture du Nord.

Dégradations sur le siège de CNews: les investigations confiées à un juge d’instruction

Les investigations portant sur les dégradations commises samedi sur le siège de la chaîne CNews à Paris ont été confiées lundi à un juge d’instruction après le placement en garde à vue de 25 personnes, a appris l’AFP de sources proches du dossier. Des suspects étaient présentés à la justice lundi en fin d’après-midi, selon ces sources proches. En cause notamment : des tags comme «Pas de télé pour les fachos» inscrits samedi matin, avant le début de la manifestation massive et hétéroclite du 17 octobre, sur le mur du siège de CNews, chaîne dans le giron du milliardaire conservateur et catholique Vincent Bolloré.

Un maire décide de décrocher le portrait de Macron

Le maire d’une commune du Maine-et-Loire a décidé de mettre les drapeaux de la mairie en berne et d’y décrocher le portrait d’Emmanuel Macron, a-t-il annoncé, après les violences survenues en marge de la mobilisation du 17 octobre en France. «Je condamne avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations commises par ceux qui bafouent nos lois, saccagent nos villes et méprisent les valeurs de la République», a expliqué le maire de Longué-Jumelles, Frédéric Mortier, dans un communiqué. «La France ne peut accepter que certains refusent les règles communes, rejettent les exigences de l’intégration et contestent l’autorité de l’État», poursuit le maire divers droite de cette commune située près de Saumur, affirmant avoir «décidé de mettre les drapeaux de la mairie en berne» à la suite des événements du weekend. L’édile a ajouté avoir également décidé «de décrocher le portrait du président de la République dans la mairie», en expliquant que l’attitude du chef de l’État «face à cette situation est indigne de la gravité des événements et des attentes de nos concitoyens».

R. I.