mardi 20 octobre 2026
Accueil > A la UNE > France : malgré la crise, Emmanuel Macron entame une tournée dans le Golfe avec le pétrole en ligne de mire

France : malgré la crise, Emmanuel Macron entame une tournée dans le Golfe avec le pétrole en ligne de mire

Très critiqué après un week-end de violences qui compromet la fin d’un quinquennat déjà chaotique, Emmanuel Macron, dans son allocution dimanche 18 octobre, a lié les revendications françaises contre le coût de la vie à la situation au Moyen-Orient. C’est dans ce contexte que le président français part ce lundi pour trois jours dans le Golfe avec quatre étapes au programme : le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar. Le président de la République doit répondre à une double urgence : contribuer à stabiliser la région tout en protégeant les intérêts énergétiques et stratégiques français.

Ces pays du Golfe, alliés de la France, se sont retrouvés plongés dans la guerre par l’assaut des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février dernier. La région reste instable. L’Iran poursuit ses attaques, notamment contre des bateaux traversant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial.

Le premier enjeu de ce déplacement présidentiel, c’est donc la diplomatie, rapporte notre envoyée spéciale à Abu Dhabi. Emmanuel Macron veut peser dans la désescalade et réaffirmer son rôle de partenaire auprès des monarchies du Golfe. La France défend le dialogue alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé sur le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.

La France jouit d’une image positive dans les pays du Golfe puisqu’elle s’est montrée à leurs côtés depuis fin février, estime Camille Lons, directrice adjointe du bureau de Paris du Conseil européen sur les relations internationales (ECFR) : « La France a été très réactive dès le début de la crise, en début d’année, à envoyer un certain nombre de moyens militaires, à la fois navals, de défense antiaérienne, mais aussi des Rafale dans le cas des Émirats arabes unis. Tout cela est perçu très positivement par ces pays-là, qui sont aujourd’hui dans une situation un petit peu d’isolement face à la menace iranienne, dans un contexte où les États-Unis, qui sont quand même leur partenaire sécuritaire clé, n’ont pas toujours été au rendez-vous pour les défendre. Cela arrive à un moment important, parce qu’on voit qu’il y a une recrudescence des attaques dans le détroit d’Ormuz depuis quelques semaines. Et donc tout l’enjeu de la visite d’Emmanuel Macron va être de discuter de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et de tenter de renforcer le partenariat de coopération de défense avec ces pays-là et d’explorer les pistes pour tenter de stabiliser la situation dans le détroit d’Ormuz. »

L’autre priorité de cette visite va être l’énergie : la crise perturbe les approvisionnements et fait peser des tensions sur les marchés. Alors, le chef de l’État entend sécuriser des routes maritimes, obtenir des volumes supplémentaires de pétrole et de diesel. Des représentants de Total et Engie l’accompagnent également sur ce voyage.

M. B.