mardi 27 février 2024
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Émeutes en France liées à la mort de Nahel : les premières mesures pour endiguer la violence

Annulation de certains rassemblements publics, arrêt des bus et des tramways après 21 heures sur le territoire français, déploiement de véhicules blindés de la gendarmerie : les premières mesures ont été prises pour tenter d’endiguer la violence après trois nuits d’émeutes urbaines à la suite du décès du jeune Nahel lors d’un contrôle policier à Nanterre. Un peu plus tôt dans la journée, la cellule interministérielle de crise présidée par Emmanuel Macron s’était réunie au ministère de l’Intérieur.

La Première ministre française Elisabeth Borne a annoncé le déploiement de véhicules blindés de la gendarmerie pour faire face aux violences qui touchent depuis trois nuits de nombreuses villes en France.

De nombreuses fêtes de fin d’année ont été annulées en dernière minute dans les écoles, collèges ou lycées d’Ile-de-France, ainsi que des concerts, comme celui de Mylène Farmer au stade de France, à Saint-Denis, ce vendredi 30 juin. Selon Matignon, des « événements de grande ampleur, mobilisant des effectifs et pouvant présenter des risques d’ordre public en fonction des situations locales » ont été annulés dans tout le pays, afin de dégager des effectifs policiers.

Un total de 45 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans la nuit de vendredi à samedi 1ᵉʳ juillet pour tenter d’enrayer les violences. « D’avantage d’unités spécialisées », comme le RAID, la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ou le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) seront mobilisés, a ajouté Gérald Darmanin sur la chaîne TF1, parlant de « moyens exceptionnels ».

Parallèlement, les bus et tramways ne circuleront plus à partir de 21 heures, et ce, sur tout le territoire français. À Marseille, spécifiquement, tout le réseau sera mis à l’arrêt dès 19 heures, métro compris. Dans d’autres villes les interruptions de service interviendront un peu plus tôt, comme à Saint-Etienne, la fermeture était annoncée pour 20 heures et même 19h30 à Metz.

Cellule interministérielle de crise

« Il y a une instrumentalisation inacceptable de la mort d’un adolescent, que nous déplorons tous alors que la période devrait être au recueillement et au respect », a déclaré le chef de l’État en conclusion de la réunion de la cellule interministérielle de crise qui s’est tenue vendredi au ministère de l’Intérieur.

« Face à cela, je condamne avec la plus grande fermeté toutes celles et ceux qui utilisent cette situation et ce moment pour essayer de créer le désordre et d’attaquer nos institutions. Ils portent une responsabilité de fait accablante. Et je condamne avec la plus grande fermeté, nous les condamnons tous, ces violences pures et injustifiables qui n’ont aucune légitimité », a poursuivi M. Macron.

Le président s’est félicité de la réponse « rapide et adaptée » des forces de l’ordre et annoncé que des « moyens supplémentaires » allaient être déployés par le ministère de l’Intérieur.

« La décision a été prise d’annuler plusieurs évènements festifs et plusieurs rassemblements dans les départements qui sont les plus sensibles », a par ailleurs indiqué M. Macron.

Le président de la République a également profité de cette prise de parole pour appeler « tous les parents à la responsabilité » qui, selon lui, doivent garder leurs enfants à la maison.

« Il est clair que le contexte que nous vivons, on le voit, est la résultante de groupes parfois organisés, violents et équipés, que nous condamnons, que nous appréhendons et qui seront judiciarisés, mais également de beaucoup de jeunes. Un tiers des interpellés de la dernière nuit sont des jeunes, parfois des très jeunes », a observé M. Macron.

Appel à la responsabilité

« C’est la responsabilité des parents de les garder au domicile. Donc il est important pour la quiétude de tous que la responsabilité parentale puisse clairement s’exercer. (…) La République n’a pas vocation à se substituer à eux », a-t-il poursuivi.

Il a également dit attendre un « esprit de responsabilité » des grandes plateformes des réseaux sociaux, citant notamment Snapchat et TikTok où s’organisent « des rassemblements violents » et qui suscitent « aussi une forme de mimétisme de la violence, ce qui conduit chez les plus jeunes à une forme de sortie du réel ».

« On a le sentiment parfois que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués », a estimé M. Macron.

« La loi a prévu, y compris ces derniers mois, des changements et l’exercice d’un contrôle parental qu’il convient de faire pleinement respecter, mais nous prendrons dans les prochaines heures plusieurs dispositions (…) d’abord en lien avec ces plateformes, d’organiser le retrait des contenus les plus sensibles », a annoncé le chef de l’État.

« Des demandes seront aussi faites partout où c’est utile et à chaque fois que c’est utile, pour avoir l’identité de celles et ceux qui utilisent ces réseaux sociaux pour appeler au désordre ou pour exacerber la violence », a-t-il précisé.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces de l’ordre ont procédé à 875 interpellations, dont 408 à Paris et sa proche banlieue, selon le bilan définitif du ministère de l’Intérieur. Au total, 249 policiers et gendarmes ont été blessés dans la nuit.

Saisi par une vidéo amateur, le tir à bout portant d’un motard de la police mardi matin sur un jeune homme de 17 ans, lors d’un contrôle routier à Nanterre, continue à embraser de nombreuses villes du pays.

M. B.