mardi 27 février 2024
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Emmanuel Macron « comprend l’émotion des policiers » mais ne commente pas les propos de Frédéric Veaux

Depuis la Nouvelle-Calédonie, le chef de l’État a été interrogé sur les propos polémiques tenus par le directeur général de la police nationale.

« Ordre, ordre, ordre ». Lors de son interview accordée ce lundi 14 juillet aux JT de TF1 et France 2 depuis la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a été interrogé sur les émeutes et ses conséquences, et notamment sur les propos tenus par Frédéric Veaux, directeur de la police nationale sur le placement en détention provisoire d’un policier soupçonné d’avoir roué de coups un jeune homme à Marseille en marge des événements.

Alors que ce haut fonctionnaire estime que de « façon générale » un policier « n’a pas sa place en prison », le chef de l’État a refusé de commenter cette position très politique qui fait hurler la gauche, et interroge jusqu’au sein de Renaissance. « Je ne vais pas commenter les propos du directeur général qui s’exprime sur une série d’affaires parce que là où je suis en tant que garant des institutions et aussi l’indépendance de l’autorité judiciaire, c’est une décision qui a été prise par un magistrat et donc je ne me prononcerai pas sur celle-ci », a prévenu Emmanuel Macron, estimant que cela reviendrait à contrevenir à la séparation des pouvoirs.

« Dans notre pays, les policiers servent la bonne application de la loi, l’ordre républicain. Et l’État de droit suppose d’abord la présomption d’innocence pour tout le monde, et le respect de la loi pour chacun », a-t-il poursuivi, donnant l’impression de botter en touche.

Puis le chef de l’État, qui ne veut « qu’on se trompe de débat », a énuméré les difficultés vécues par les forces de l’ordre durant les émeutes. « Je comprends l’émotion qu’il y a aussi chez nos policiers qui ont eu le sentiment d’avoir été confrontés à notre à une violence extrême », a ajouté Emmanuel Macron, considérant pour autant qu’en République « nul n’est au-dessus des lois ».

Pour la gauche, un « effondrement de l’État »

Une sorte de « en même temps » qui, sans surprise, passe mal du côté de la NUPES. « Le refus du président de la République de rappeler à l’ordre la plus haute hiérarchie policière est extrêmement grave », a jugé le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard. « Garant des institutions par la Constitution, Emmanuel Macron devait sanctionner ceux qui portent atteinte à la séparation des pouvoirs. Il se soumet au pouvoir policier », a renchéri le député insoumis Paul Vannier, percevant un « effondrement de l’État » dans cette position.

« Le président de la République est donc passé sous tutelle des autorités policières. Gravissime », a ajouté son collègue de la Haute-Garonne, Hadrien Clouet. Même indignation côté socialiste. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a dénoncé une « interview catastrophique » de la part du chef de l’État. « Aucun rappel à l’ordre du DGPN que le président de la République se refuse courageusement à “commenter”. L’ordre doit être républicain », s’est indigné le député de Seine-et-Marne.

M. B.