mercredi 7 décembre 2022
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Emmanuel Macron en Algérie pour une visite qui se veut tournée vers l’avenir

Emmanuel Macron se rend en Algérie ce jeudi 25 août pour une visite de trois jours, à l’invitation du président algérien Abdelmadjid Tebboune. C’est sa deuxième visite en tant que chef de l’État, et il sera accompagné d’une large délégation d’environ 90 personnes. Avec cette visite, le chef de l’État français espère tourner la page d’une séquence difficile dans les relations entre les deux pays, et se projeter vers l’avenir.

Une visite « officielle et d’amitié », et non pas une visite d’État, c’est ainsi que les deux présidents ont choisi d’intituler ce déplacement d’Emmanuel Macron en Algérie. Les mots ont un sens et à l’Élysée, on reconnait que cela correspond à l’étape que cette visite va marquer dans des relations franco-algériennes, qui avaient subi un gros coup de froid.

En cause, notamment : des propos d’Emmanuel Macron qui avaient fâché Alger. Le président français avait estimé en 2021 que le régime algérien exploitait une « rente mémorielle » et s’était interrogé sur l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation. Emmanuel Macron avait ensuite regretté une « incompréhension ». Autre sujet de brouille : le bras de fer autour de l’attribution des visas dont Paris avait décidé de réduire le nombre, un sujet en voie d’apaisement, selon l’Élysée.

Emmanuel Macron arrive à Alger avec l’ambition de renouer le lien. En restant trois jours et en se rendant aussi à Oran, il veut montrer l’importance de cette visite et s’adresser à toute l’Algérie, et surtout à la jeunesse. Le chef de l’État français rencontrera notamment de jeunes entrepreneurs. L’objectif affiché est de poser un « socle » pour refonder la relation et parler d’avenir, et pas seulement de la question mémorielle, même si le président souhaite poursuivre le travail d’apaisement des mémoires, engagé en France avec le rapport Stora.

Les relations entre la France et l’Algérie sur le plan économique

La réconciliation, la mémoire, mais aussi la défense et la sécurité seront des sujets au cœur de la visite d’Emmanuel Macron à Alger. Mais il ne fera pas l’impasse sur le volet économique, alors qu’il annonçait ce mercredi le temps de la fin de « l’insouciance ».

La question de l’assurance des approvisionnements en gaz dans le contexte de la guerre en Ukraine ne pourra être évitée. Près de 10% du gaz consommé en France vient d’Algérie. La directrice générale d’Engie fait partie du voyage, ainsi que le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Pour autant, il n’y aura pas de grande annonce dans le domaine économique, ni de grands contrats ni de grande négociation, prévient-on déjà. Les questions énergétiques, minières ou industrielles pourraient être abordées, mais elles ne sont cependant pas au centre de la visite.

Orienter cette visite vers l’avenir et vers la jeunesse, c’est la coloration que souhaite donner le président français à ce déplacement. Dans la délégation, une dizaine de start-up devraient être représentée et un large temps d’échange est prévu avec des entrepreneurs algériens.

Si les relations diplomatiques ont connu des remous ces derniers mois, sur le plan économique, les deux pays restent de grands partenaires. En 2020, la France se plaçait comme le deuxième fournisseur et le deuxième client de l’Algérie en termes d’échanges commerciaux. Transports, automobile, agroalimentaire, banque et assurance, ou encore pharmacie, sont les secteurs d’activités dans lesquels les entreprises françaises sont le plus investies.

« D’abord, il va s’adresser à la jeunesse, à la jeunesse qui entreprend en Algérie. Il va s’adresser également, évidemment, à la communauté française en Algérie, qui est nombreuse et qui est ravie que le président de la République puisse venir… »

Valérie Gas