Les autorités néerlandaises vont tenter de rapatrier deux passagers malades actuellement à bord d’un navire de croisière confronté à une épidémie présumée d’hantavirus, qui a déjà fait trois morts, a annoncé lundi 4 mai l’opérateur du navire. Les risques de propagation sont « faibles », indique l’Organisation mondiale de la santé. Néanmoins, les passagers n’ont pas été autorisés à débarquer au Cap-Vert, indiquent les autorités du pays.
Dans son premier communiqué publié sur cette situation de crise, Oceanwide Expeditions a confirmé faire face à « une situation médicale grave » à bord du MV Hondius, qui effectuait une traversée entre Ushuaïa, en Argentine, et le Cap-Vert, où il se trouve actuellement.
L’opérateur a confirmé les trois décès, dont deux à bord et un après le débarquement. Deux victimes sont néerlandaises, et la nationalité de la troisième n’est pas connue, selon les médias néerlandais. En outre, un passager se trouve en soins intensifs à Johannesburg et deux autres « ont besoin de soins médicaux urgents », a précisé l’opérateur.
« Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas », a déclaré Oceanwide Expeditions. Un tel rapatriement devient problématique, car le navire n’a pas été autorisé à accoster au port de la capitale cap-verdienne Praia et ses passagers ne pourront pas débarquer, afin de « protéger la population cap-verdienne », ont indiqué les autorités sanitaires du pays.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé qu’il « étudiait actuellement les possibilités d’évacuer médicalement quelques personnes du navire ». « Si cela s’avère possible, le ministère des Affaires étrangères se chargera de la coordination », a affirmé un porte-parole.
Suspicion d’hantavirus
Bien que des médecins locaux se soient rendus à bord du navire au large des côtes du Cap-Vert pour évaluer l’état de santé des deux passagers malades, aucune autorisation n’a été accordée pour les évacuer vers la terre ferme. « Le débarquement et le dépistage médical de tous les passagers nécessitent une coordination avec les autorités sanitaires locales, avec lesquelles nous sommes en étroite consultation », a déclaré l’opérateur.
L’hantavirus, une maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, a précisé l’opérateur. Toutefois, il n’a pas encore été établi si le virus était à l’origine des trois décès, a indiqué Oceanwide Expeditions. Aucun cas d’hantavirus n’a non plus été confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire.
« La cause exacte et tout lien éventuel font actuellement l’objet d’une enquête », a déclaré l’entreprise. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué, dimanche 3 mai, qu’un cas d’infection par l’hantavirus avait été confirmé et qu’il y avait « cinq autres cas suspects ». « Bien que rare, l’hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », a indiqué l’OMS.
Mohammed Bessaïah
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé