mardi 27 février 2024
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Etats-Unis : Trump inculpé pour avoir tenté d’inverser le résultat de la présidentielle de 2020

L’ancien président américain Donald Trump a été inculpé mardi 1er août pour ses tentatives d’inverser le résultat de l’élection présidentielle de 2020, selon l’acte d’accusation. Alors que le milliardaire est déjà doublement poursuivi au pénal, cette accusation est la plus grave à peser contre celui qui cherche à briguer un nouveau mandat en 2024.

« L’attaque contre le capitole le 6 janvier 2021 était un assaut sans précédent contre le siège de la démocratie américaine » : en présentant son acte d’accusation, le procureur spécial Jack Smith n’a pas caché la gravité des faits reprochés à Donald Trump, même s’il rappelle que le prévenu reste présumé innocent jusque-là, rapporte notre correspondant à Washington.

Le grand favori des primaires républicaines pour l’élection de 2024 est inculpé de « complot à l’encontre de l’État américain », entrave à une procédure officielle et atteinte aux droits électoraux après une enquête supervisée par le procureur spécial. Il est également accusé de « conspiration pour violation des droits », de « conspiration pour fraude au gouvernement des États-Unis » et « d’obstruction à une procédure officielle » doublée d’une conspiration pour les mêmes motifs. Les deux premiers chefs d’inculpation sont passibles de cinq ans de prison chacun et les deux suivant de 20 ans. Il y a six coaccusés qui ne sont pas nommés.

« Malgré sa défaite, l’accusé était déterminé à rester au pouvoir. Par conséquent, durant plus de deux mois après le scrutin du 3 novembre 2020, l’accusé a diffusé des mensonges selon lesquels il y avait eu des fraudes ayant modifié le résultat et qu’il avait en fait gagné », relève l’acte d’accusation. « Ces allégations étaient fausses et le prévenu savait qu’elles étaient fausses, peut-on y lire. Mais le prévenu les a répétées et les a largement diffusées malgré tout. »

L’ex-président, déjà doublement inculpé dans deux autres dossiers, est convoqué le 3 août devant un tribunal fédéral de Washington, selon plusieurs médias. Le procureur spécial Jack Smith a dit mardi vouloir un « procès sans délai ».

Donald Trump avait annoncé le 18 juillet avoir reçu une lettre de Jack Smith l’informant qu’il était visé personnellement par l’enquête fédérale sur les tentatives d’inverser les résultats de la présidentielle de 2020, et notamment l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021.

Le 6 janvier 2021, il avait tenu un discours enflammé devant ses partisans réunis non loin de la Maison Blanche, les appelant à se « battre comme des diables » contre les résultats de l’élection présidentielle que les élus devaient certifier. Une foule avait ensuite envahi le Capitole, des scènes de violence et de chaos qui avaient choqué l’Amérique et le monde.

L’assaut du Capitole a été encouragé par les « mensonges » de Donald Trump, a poursuivi Jack Smith.

Les accusations les plus sérieuses et le premier ex-président inculpé au pénal

Mardi après-midi, peu avant l’annonce, Donald Trump avait affirmé sur sa plateforme Truth Social s’attendre à une inculpation imminente, en accusant le procureur spécial de vouloir entraver sa campagne pour 2024. « On me dit que Jack Smith-le-cinglé, pour interférer dans l’élection présidentielle de 2024, va lancer une nouvelle inculpation bidon de votre président préféré – moi – à 17h », soit 21h TU, a-t-il écrit.

« Pourquoi ne l’ont-ils pas fait il y a deux ans et demi ? Pourquoi ont-ils attendu si longtemps ? Parce qu’ils voulaient que ça arrive en plein dans ma campagne », a-t-il ajouté.

Sa campagne a également expliqué que l’ancien président n’a rien fait de mal, et comme lui, elle qualifie dette nouvelle procédure d’interférence électorale, puisqu’il est candidat à un retour à la Maison Blanche en 2024. Et elle explique que cette nouvelle inculpation rappelle l’Allemagne nazie ou l’Union Soviétique.

Il s’agit des accusations les plus sérieuses à être portées contre l’ex-chef de l’État, déjà poursuivi au pénal dans l’affaire de la gestion supposée négligente des documents confidentiels de la Maison Blanche et celle des paiements suspects à une ancienne actrice de films X dans l’État de New York. À chaque fois, Donald Trump avait plaidé non coupable

L’homme de 77 ans est devenu cette année le premier ex-président des États-Unis à être inculpé au pénal par la justice fédérale.

Toujours à la tête des sondages pour la candidature républicaine

Le tempétueux homme politique et milliardaire conserve malgré tout la loyauté d’une bonne partie de son parti : il domine en effet les sondages pour l’investiture républicaine et creuse même l’écart avec le numéro 2, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qui cumule les faux pas depuis le début de sa campagne.

L’impact que cette dernière inculpation aura sur la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche n’est pas encore clair. L’ex-président a continué à dénoncer ces dernières semaines une « chasse aux sorcières », une nouvelle « interférence électorale » et une « utilisation politique » de la justice pour l’empêcher d’être candidat.

Poursuivant une longue campagne de désinformation, la figure ultra-conservatrice continue d’affirmer, sans preuve aucune, que l’élection de 2020 lui a été « volée ».

Pressions sur l’État clé de Géorgie

Les ennuis risquent de ne pas s’arrêter là pour Donald Trump : une procureure de l’État de Géorgie doit également annoncer d’ici septembre le résultat de son enquête sur les pressions qu’il a exercées pour tenter d’altérer le résultat de la présidentielle de 2020 dans cet État du Sud, facteur clé des résultats nationaux.

Donald Trump a quitté la Maison Blanche en 2021, après avoir été visé durant son mandat par deux procès en destitution : l’un pour des accusations de pressions exercées sur l’Ukraine afin qu’elle lui donne des éléments embarrassants sur Joe Biden, l’autre sur son rôle dans l’attaque du Capitole.

Il avait été acquitté dans les deux dossiers grâce à la majorité républicaine au Sénat. Mais plusieurs de ses soutiens ont été reconnus coupables et condamnés dans ces affaires, dont son directeur de campagne de 2016 ou encore son avocat personnel.

B. M.