dimanche 5 février 2023
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Europe/« Nous allons former quatre nouvelles régions russes », annonce Vladimir Poutine

Le président russe a officialisé, vendredi 30 septembre, lors d’une grande cérémonie organisée par le Kremlin, l’annexion par la Russie des quatre régions de l’est de l’Ukraine au nom du « droit à l’autodétermination des peuples ». Il a également appelé l’Ukraine à « cesser immédiatement les hostilités » et à négocier.

« Les habitants de Louhansk et Donetsk, Kherson et Zaporijjia deviennent nos citoyens pour toujours », a affirmé le président Poutine devant les élites russes. « C’est la volonté de millions de personnes », a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine a justifié, dans ce discours de plus d’une demi-heure, l’annexion de ces régions par le droit à l’autodétermination des peuples.

« Il n’y a rien de plus fort que la détermination de millions de personnes qui, par leur culture, leur foi, leurs traditions, leur langue, se considèrent comme faisant partie de la Russie, eux dont les ancêtres ont vécu dans un seul État pendant des siècles. Il n’y a rien de plus fort que la détermination de ce peuple à vouloir retourner dans sa véritable patrie historique. Pendant huit longues années, les gens du Donbass ont subi un génocide, des bombardements et un blocus. Et à Kherson et Zaporijjia, ils ont essayé de façon criminelle de leur inculquer la haine de la Russie et de tout ce qui est russe. Pendant les référendums, Kiev a proféré des menaces de mort et de représailles, et a intimidé par la répression. Mais les habitants de toujours du Donbass, de Zaporijjia et de Kherson ont eu leur mot à dire. Les habitants de Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia sont désormais nos citoyens pour toujours. »

« Le passé ne peut être ramené »

Vladimir Poutine a assuré que son pays n’aspirait pas à restaurer l’URSS, malgré l’offensive en Ukraine et l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes. « L’URSS a disparu, le passé ne peut être ramené. Et la Russie n’a pas besoin de cela aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Cette proclamation, signe de la détermination du dirigeant russe, intervient trois jours après la clôture des référendums organisés dans les quatre régions concernées. « Nous appelons le régime de Kiev à cesser immédiatement les tirs, toutes les hostilités, la guerre qu’il a déclenchée en 2014, et à revenir à la table des négociations », a déclaré Vladimir Poutine devant le gouvernement, les députés et sénateurs, et d’autres représentants de l’État russe.

« Mais nous ne discuterons pas du choix des habitants de Lougansk et de Donetsk. Il a été fait, et la Russie ne le trahira pas. Nous protégerons nos terres avec tous les moyens à disposition. »

Vladimir Poutine n’a pas mentionné explicitement les armes nucléaires dont dispose son pays. Mais la menace est là, claire et posée. Plus de retour en arrière possible, avec cette annexion des territoires.

Nucléaire : le « précédent » américain

Le numéro un russe s’est ensuite lancé dans une longue diatribe contre le « despotisme » du monde occidental. « L’Occident est prêt à tout pour préserver le système néocolonial qui lui permet de parasiter et, en réalité, de piller le monde entier », a-t-il dénoncé. « Ils veulent nous voir comme une colonie », a-t-il encore fustigé.

« Les États-Unis sont le seul pays au monde à avoir utilisé deux fois les armes nucléaires, détruisant les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki, créant par là même un précédent », a poursuivi Vladimir Poutine.

« Permettez-moi de vous rappeler que les États-Unis, avec les Britanniques, ont transformé de nombreuses villes allemandes en ruines, sans aucune justification militaire, durant la Seconde Guerre mondiale, Dresde, Hambourg, Cologne et bien d’autres villes allemandes. Et cela a été fait de manière démonstrative et, je le répète, sans aucune justification militaire. Leur objectif était le même, tout comme avec les bombardements nucléaires au Japon : intimider notre pays et le monde entier. »

Il a également accusé les Anglo-Saxons d’être à l’origine des « explosions » qui ont provoqué des fuites importantes dans les gazoducs Nord Stream 1 et 2. « En organisant des explosions sur les gazoducs internationaux qui longent le fond de la mer Baltique, ils ont en réalité commencé à détruire l’infrastructure énergétique européenne. »

Aux Russes, il a rappelé l’importance de la culture, de la langue et des valeurs de « la grande Russie historique ». Le flou demeure : quelles sont les nouvelles frontières de la Fédération ? Là où ses soldats sont aujourd’hui présents, ou est-ce plus large ? Au moment où Vladimir Poutine prononçait son discours, la situation de Lyman, verrou important dans la région de Louhansk, était extrêmement précaire pour les forces russes.

Quoi qu’il en soit, après la signature, le président russe et les dirigeants pro-russes, main dans la main, ont scandé « Russie, Russie » à l’unisson.

M. B.