dimanche 4 décembre 2022
Accueil > A la UNE > Festival de chanson chaâbi : une soirée célébrant l’œuvre des grands maîtres

Festival de chanson chaâbi : une soirée célébrant l’œuvre des grands maîtres

Les mélomanes et les amateurs de musique chaâbi avaient rendez-vous vendredi soir avec un autre récital, animé à Alger, par cinq interprètes confirmés du genre à la faveur du 11e Festival national de la chanson chaâbi.

Accueilli à la salle Ibn Zaydoun de l’Office Ryad El Feth où se déroule le festival depuis mercredi, cette troisième soirée, marquée par les prestations de Abdellkader Chercham et Noreddine Allane aura été également l’occasion pour le public de découvrir ou de retrouver les voix de Yahia Mohamed Réda, Brahim Hadjadj et de Kamel Belkhirat.

Dans un registre d’interprétation très influencé par l’univers d’El Hachemi Guerouabi, Brahim Hadjadj de Annaba et Yahia Mohamed Reda de Tiaret ont proposé au public relativement nombreux des succès comme « El Bareh » et « Ya Khaleq Lechyaa » alors que Yahia Mohamed Reda s’était essayé à des poèmes du Melhoun signés Sidi Lakhdar Benkhelouf.

Avec sa voix clair et typique, Noreddine Allane aura emmené l’assistance dans une Casbah nostalgique d’un temps qui n’est plus ainsi que dans les souffrances et le déchirement de l’exil, particulièrement tel que vécu par les parents restés sans nouvelles. Le chanteur, qui a tiré vers la haut tout l’orchestre pilote de la soirée, a également tenu, lui-aussi, à rendre un hommage par la musique à El Hachemi Guerouabi et Mahboub Bati.

L’école de Mhammed El Anka, était brillamment représenté par l’un des élèves les plus connus du cardinal, Abdekader Chercham qui a donné une toute autre orientation à ce récital avec des extraits de qcid comme « Welfi Meriem ». Une voie également empruntée par Kamel Belkhirat avec sa formation andalouse.

Cependant cette soirée aura connu une affluence notable d’un très jeune public qui a grandement perturbé l’ambiance habituellement solennelle et le calme des récitals de chanson chaâbi, « un spectacle qui n’est pas dédié aux enfants », regrettent des spectateurs.

Réservant une tribune à la poésie melhoune, cette soirée aura aussi donné la parole à Bachir Tehami de Mostaganem, pour déclamer une de ses qcidat.

Le 11e Festival national de la chanson Chaâbi se poursuit jusqu’au 15 août, avec au programme de vendredi, les prestations des chanteurs Mourad Djaâfri, Nacer Moldad, Ahcen Fadli et Nassim Bour.

Cette édition qui rend hommage à la mémoire et à l’oeuvre du grand musicien, parolier et compositeur Mahboub Bati (1919-2000), prévoit également la tenue d’une journée d’études sur la chanson chaâbi comme support à l’expression de la poésie du Melhoun, animée par des chercheurs et des académiciens.