dimanche 27 novembre 2022
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FIBDA : la bande dessinée en Tamazight, autre vecteur de promotion du patrimoine

La bande dessinée en Tamazight, marque sa présence au 14e Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA), à travers les publications de Kamel Bentaha, un bédéiste accompli qui raconte et dessine dans ses œuvres, le patrimoine et la culture algérienne d’expression amazighe.

Présent sur les étalages et les rayons du 14e Fibda à travers ses six ouvrages déjà sur le marché, Kamel Bentaha s’affaire à assurer un bon encadrement aux nombreux enfants venus assister aux ateliers d’initiation à la bande dessinée en Tamazight.

Dans un entretien accordé à l’APS, le bédéiste explique l’« importance de se retrouver » dans les contenus proposés aux enfants et aux jeunes algériens pour pouvoir « se projeter sereinement dans l’avenir », soulignant ainsi, « la nécessité de promouvoir le patrimoine algérien dans ses dimensions culturelle et historique ».

« La BD a l’avantage du récit et du dessin, deux éléments fondamentaux qu’on pourrait mettre au service de notre culture tellement riche et diversifiée, ainsi que notre grande histoire, glorieuse par les hommes et les femmes qui l’ont faite », explique Kamel Bentaha.

Relevant la pertinence de la « dimension pédagogique que recèle la bande dessinée », l’artiste réitère son souhait de voir la BD algérienne s’« assumer pleinement » à travers la promotion de personnages porteurs de l’ »identité algérienne » dans des « récits qui renverraient à l’histoire de l’Algérie et à la tradition ancestrale ».

« Nous étions pourtant si bien partis avec ‘Bouzid et Zina’, ‘M’kidèche’, ‘Richa’ et autres héros algériens », a rappelé Kamel Bentaha, avant d’ajouter, « a nature ayant horreur du vide, nos jeunes se sont tournés vers les mangas et autres personnages de BD qui ne répondent en fait, qu’aux préoccupations et aux exigences existentielles d’une toute autre jeunesse, celle des autres sociétés ».

A travers, « Aâzzi akked Aâzzoul » (le rouge gorge et le préféré), héros d’une nouvelle série, le bédéiste fait vivre et tente d’installer dans la durée, ses deux personnages autochtones dans des trames et des décors qui répercutent leur environnement socioculturel au quotidien.

« J’écrirai et je dessinerai toujours pour raconter mon pays, je pense que c’est l’une des meilleures manières de défendre, promouvoir et transmettre le patrimoine », a conclu l’artiste.

Né en 1968, Kamel Bentaha a commis ses premières publications en 2013 à travers une série de caricatures qui le conduiront à travailler comme dessinateur de presse dans un des quotidiens nationaux.

Comptant à son actif six publications, l’artiste promène ses deux héros dans différentes aventures passionnantes, dont « Tamacahut N Tsekkurt » (le conte de la perdrix), dans lequel il rend hommage au regretté « IDIR » (1945-2020), chantre de la chanson algérienne d’expression amazighe.

Kamel Bentaha a obtenu deux prix au FIBDA, celui du Jeune talent en 2016, alors qu’en 2021, il est monté sur la troisième marche du podium.

Placé sous le thème du patrimoine, le 14e Fibda se poursuit jusqu’au 8 octobre à l’esplanade Riad El Feth), avec la participation d’éditeurs de bande dessinée algériens et étrangers d’une dizaine de pays.

Parmi les Nations présentes au 14e FIBDA, l’Italie, le Japon (invité d’honneur), la France, le Congo, l’Egypte, le Liban et le Mexique qui marque sa première participation à ce festival.