mardi 27 février 2024
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France / Mort de Nahel : nouvelle cellule de crise à l’Élysée après les violences nocturnes

En France, le président de la République va présider une nouvelle cellule de crise ce vendredi à la mi-journée à l’Élysée après une 3ᵉ nuit de violence partout dans le pays. La tension ne cesse de croître depuis la mort mardi du jeune Nahel à Nanterre, à l’ouest de Paris. L’adolescent de 17 ans a été abattu par un policier qui a été mis en examen et écroué pour homicide volontaire. 

Emmanuel Macron va présider une nouvelle cellule interministérielle de crise ce 30 juin à 13h, heure de Paris, pour la deuxième fois en deux jours. Le chef de l’État, qui se trouve à Bruxelles depuis jeudi pour un sommet européen, pourrait pour cela devoir écourter sa présence et rentrer avant la fin. Il doit tenir une conférence de presse avant de quitter le Conseil de l’Union européenne.

Jeudi matin, le président avait déjà convoqué une première réunion de crise avec les ministres et directeurs d’administration concernés, dans le centre ad hoc situé au ministère de l’Intérieur, avant de partir pour Bruxelles. Il avait dénoncé des violences « injustifiables ».

Elisabeth Borne de son côté a réuni ce vendredi matin à Matignon plusieurs ministres pour faire le point après une troisième nuit d’émeutes, dénonçant dans un tweet des actes « insupportables et inexcusables ».

« Ce matin à Matignon avec les ministres pour faire le point sur les violences et exactions de la nuit. Les actes commis sont insupportables et inexcusables », a écrit la Première ministre, qui était entourée de quatre ministres : Gérald Darmanin (Intérieur), Éric Dupond-Moretti (Justice), Christophe Béchu (Transition écologique et territoires) et Olivier Klein (Logement et villes).

Dégradations de bâtiments publics, pillages et échauffourées sporadiques ont encore secoué dans la nuit de jeudi à vendredi de nombreuses villes.

Plus de 650 interpellations

Des villes jusque-là épargnées, et qui pour certaines ne sont pas familières de ce genre de violence, ont été touchées. Dans le centre de Paris, chose plutôt rare, des magasins de vêtements ont été pillés et des poubelles incendiées.

Toulouse, Marseille, Lyon, Lille, Orléans, Strasbourg, mais aussi Laval, Tours, Alençon, la plupart des grandes villes de France et leurs banlieues ont connu des tensions et des dégradations.

Les mêmes scènes se répètent : des groupes de jeunes, souvent cagoulés, s’en prennent à des mairies, des commissariats, des voitures et des bus ou bien des commerces qui sont ensuite pillés.

Mais la grande partie des violences se sont concentrées en région parisienne. Sur les 667 interpellations, plus de la moitié se sont déroulées en Ile-de-France, et l’essentiel des personnes interpellées sont très jeunes entre 14 et 18 ans.

Dans le département de la Seine-Saint-Denis, juste au nord de la capitale, quasiment toutes les communes ont été touchées.

Sur tout le territoire, près de 40 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés la nuit dernière. Quelque 249 policiers et gendarmes ont été blessés.

Où en est l’enquête ?

Le policier, auteur des coups de feu, a passé sa première nuit à la prison de la Santé à Paris. Il a été inculpé, ce jeudi, pour homicide volontaire et placé en détention provisoire. Le parquet estime que les conditions légales d’usage de l’arme ne sont pas réunies.

L’avocat du policier a précisé, sur le plateau de BFM TV, que les premiers mots du policier, lors de sa garde à vue, étaient destinés à la famille de Nahel, des mots d’excuses. Maître Liénard a annoncé qu’il allait faire appel du placement en détention de son client dès ce vendredi.

M. B.