dimanche 4 décembre 2022
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Funérailles d’Elizabeth le 19 septembre, les princes font leur apparition

Le palais de Buckingham a annoncé samedi 10 septembre que les funérailles de la reine britannique Elizabeth II, décédée jeudi en Écosse, auront lieu le lundi 19 septembre à Londres. Son fils Charles III a déclaré un jour férié pour l’occasion, après avoir été solennellement proclamé roi par le Conseil d’accession. Les députés ont également prêté allégeance au monarque.

Le Parlement britannique ne siège plus, jusqu’au 21 septembre au moins – période de deuil national oblige.

Mais avant l’ajournement, les députés ont prêté allégeance à leur nouveau roi, et rendu hommage à la reine.

C’était la sixième fois de son histoire que Westminster siégeait un samedi, rappelle notre correspondante à Londres.

Les députés avaient déjà prêté allégeance à la reine et ses héritiers, mais ils ont répété leur serment à Charles III.

Le président des Communes Lindsay Hoyle a commencé : « Je jure, par Dieu tout-puissant, que je resterai fidèle et prête véritable allégeance à Sa Majesté, le roi Charles, ses héritiers et successeurs, selon la loi. Que Dieu me vienne en aide. »

Les serments continueront après le deuil national. Les hommages ont continué tout l’après-midi, et en soirée.

Grant Schapps, ex-ministre, se souvient d’un baisemain lors d’une cérémonie.

« J’ai pincé les lèvres. Elles sont restées collées. Pendant ce qui m’a paru une éternité, elle a essayé de retirer sa main et d’un coup : plop ! « Votre Majesté ! », ai-je bafouillé. Elle m’a regardé droit dans les yeux, avec ce merveilleux éclat dans son regard, et elle a dit : Oui… »

Damian Green a assisté lui aussi à un incident du même genre. « Il y a eu un silence… et une grande hilarité. Le visage de la reine était complètement impassible, mais son regard laissait entendre que celle qui se retenait le plus d’éclater de rire, c’était Sa Majesté. »

Un député a proposé la création d’un « syndrome Elizabeth » : le sentiment de deuil et de perte d’une personne inconnue personnellement.

La foule au rendez-vous pour la désignation de Charles III

Des dirigeants du monde entier sont attendus pour les funérailles de la défunte Elizabeth II, qui auront lieu à l’abbaye de Westminster à 11 heures heure locale (10 heures TU, 12 heures à Paris), a annoncé samedi le duc de Norfolk, chargé des obsèques et couronnements royaux.

Le cercueil de la reine doit être transféré dimanche du château de Balmoral à Édimbourg, avant d’être transporté par avion à Londres, mardi. La défunte reposera ensuite à Westminster Hall, la plus vieille section des Chambres du Parlement, de mercredi au matin des funérailles. Cela après une procession dans les rues de Londres.

Les Britanniques se rassemblent toujours devant les différents châteaux de la famille royale pour porter des hommages à la défunte reine, ainsi que pour célébrer son fils Charles III. Devant le palais Saint James, de nombreux badauds se sont réunis pour suivre la cérémonie de proclamation du nouveau roi, par le Conseil d’Accession. Le tout dans une grande tradition solennelle, retransmise pour la première fois à la télévision.

Pour beaucoup, il s’agissait de la première fois qu’ils chantaient l’hymne de leur pays dans sa nouvelle version : « Que Dieu sauve le roi », et non pas « la reine ». Dans la foule, une jeune femme continue de trouver cela étrange, confie-t-elle à nos envoyés spéciaux.

« Il a fallu un petit moment pour s’habituer, mais on va s’y faire. Et c’était bien de le chanter pour la première fois avec tous ces gens, ici devant le palais. »

C’est sur leurs téléphones portables que les badauds réunis devant le palais ont suivi la cérémonie. « Je suis très émue et très fière que cette succession se déroule sans incident, explique une autre Britannique. J’aime la tradition et ça ne me dérange pas que ce soit un peu désuet. Je pense que parfois la tradition, ça permet de maintenir les choses en place. »

« Je suis toujours sous le choc, j’ai du mal à me dire que l’on a un roi et pas une reine ! Mais c’est très bien, il va y arriver, il est proche des gens, et je trouve qu’il a très bien évolué. C’est un type bien. Il faut lui laisser sa chance », lance une passante dans un sourire.

Pour l’heure, le nouveau roi est très loin des sommets de popularité atteints par sa mère défunte, ou même par son fils aîné, le prince William. Mais son accession au trône, selon un protocole millimétré, semble rassurer les Britanniques, en les aidant à faire leur deuil de leur reine disparue.

William, Kate, Harry et Meghan rencontrent des passants

À des kilomètres de là, le prince William désormais héritier du trône a, dans un hommage poignant à sa grand-mère, affirmé qu’il soutiendrait son père le roi « de toutes les manières possibles » pour honorer la mémoire de sa grand-mère.

En fin d’après-midi, le prince de Galles, sa femme Kate, mais aussi son petit frère Harry et l’épouse de ce dernier, Meghan, sont apparus ensemble devant les grilles du château de Windsor pour admirer les centaines de bouquets de fleurs déposés par le public.

Une apparition dans un signe symbolique d’apaisement, alors que les deux frères sont en froid depuis des mois. C’était également la première apparition de Meghan depuis la mort de la souveraine, et la première apparition publique des deux frères ensemble avec leurs épouses depuis mars 2020.

Les deux couples se sont livrés à un bain de foule devant les grilles du château, serrant les mains des nombreuses personnes rassemblées. « Nous pensions tous qu’elle était invincible », a dit le prince William à l’une d’elles.

Les Britanniques ont continué à défiler samedi par milliers devant le palais de Buckingham pour rendre un dernier hommage, déposer des fleurs, et saluer le nouveau roi.

Des dirigeants du monde entier sont attendus à Londres pour les obsèques. Le président américain Joe Biden a notamment confirmé vendredi sa présence.

Le couronnement de Charles III aura lieu pour sa part à une date ultérieure, qu’on ignore encore. Un délai de seize mois s’était écoulé entre l’accession d’Elizabeth au trône d’Angleterre en février 1952 et son couronnement en juin 1953.

« Avant la mort d’Elizabeth, de nombreux Britanniques souhaitaient que William lui succède directement, Charles étant bien moins populaire que son fils aîné. Mais certains depuis ont changé d’avis, impressionné par l’attitude du nouveau roi depuis 48 heures. »

M. B.