Après 16 ans au pouvoir, le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a été largement battu, ce dimanche 12 avril 2026, par le conservateur Peter Magyar du parti Tisza, à l’issue des élections législatives. Les conséquences de l’arrivée de son successeur sont nombreuses. Sur le plan politique, le vainqueur promet de réconcilier Budapest et les institutions européennes. Sur le plan économique, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour le pays.
La stratégie économique de Peter Magyar va reposer, en grande partie, sur les fonds européens bloqués par Bruxelles en raison des reculs de l’État de droit en Hongrie. Près de 18 milliards d’euros bloqués actuellement pourraient ainsi être injectés dans l’économie.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis de « travailler sans relâche » sur cette question. Mais seule une partie de ces fonds pourra être récupérée, et pas avant 2027. Il faut, en effet, que Peter Magyar respecte ses promesses de campagne en faveur de réformes économiques.
Une gouvernance budgétaire irresponsable
Cet argent donnerait un coup de pouce à la croissance du pays qui est en net ralentissement. Depuis 2023, le produit intérieur brut (PIB) n’a progressé que de 0,2 %. Une activité portée essentiellement par les services, car la production industrielle est en recul dans de nombreux secteurs comme les plastiques, la chimie ou encore les métaux.
Budapest affiche également l’un des déficits budgétaires les plus importants de l’Union européenne, supérieur à 5 %. Son ratio dette/PIB est supérieur à 70 % et en hausse. À cela s’ajoutent l’inflation qui devrait tourner autour de 3 % cette année et des services publics défaillants en matière de santé ou de transports.
Vers une adhésion à la zone euro
Sur le plan monétaire, Peter Magyar a déclaré qu’il mettrait le pays sur la voie de l’adoption de l’euro. Plus de 70 % des Hongrois se déclarent, aujourd’hui, favorables à l’euro, selon une enquête Eurobaromètre publiée en janvier 2026. Il s’agit du niveau de soutien le plus élevé parmi les pays de l’Union européenne qui n’ont pas encore adopté la monnaie unique.
Le nouveau Premier ministre a également promis de lutter contre la corruption qui est partout dans le pays. Il va ainsi déposer la candidature de la Hongrie pour adhérer au Parquet anticorruption européen. Un point très surveillé par les investisseurs étrangers et les marchés financiers.
M. B.
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