mercredi 7 décembre 2022
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La cause algérienne a joui d’un grand soutien diplomatique arabe avec le déclenchement de la guerre de libération

Les participants au Forum de la mémoire, réunis samedi à l’occasion de la Journée nationale de la diplomatie, ont été unanime à souligner que la cause algérienne avait joui d’un grand soutien diplomatie arabe, parallèlement au déclenchement de la Glorieuse guerre de libération nationale et la participation des dirigeants du Front de libération nationale (FLN) à la conférence de Bandung en 1955.

Le chercheur Rachid Ould Boussiafa a indiqué dans une communication, lors de sa participation au Forum organisé par l’association « Mechaâl Echahid » et le journal « El Moudjahid » et qui a abordé le thème « L’apport de la diplomatie arabe à la Révolution algérienne, de la conférence de Bandung en avril 1955 à l’adhésion de l’Algérie à l’ONU le 8 octobre 1962 », que la cause algérienne était quasi-absente des archives de la Ligue arabe et que l’intérêt était peu porté sur elle avant la déclenchement de la Guerre de libération nationale, notamment entre 1945 et 1954.

Pour M. Ould Boussiafa, la situation a changé à l’intérieur de la Ligue arabe avec le déclenchement de la Révolution, et ceci est dû, a-t-il expliqué, « au grand intérêt porté par les dirigeants de la Révolution à l’action diplomatique, en ce sens qu’il y avait deux batailles, l’une avec les armes à l’intérieur de l’Algérie et une autre tout aussi importante, à savoir la bataille politique dans les fora internationaux, en témoigne, la toute première sortie à succès des dirigeants de la Révolution à la Conférence de Bandung, considérée comme le premier jalon dans l’édification du Mouvement des non-alignés ».

La cause algérienne a été abordée lors de la tenue de la conférence de Bandung qui a réclamé dans sa déclaration finale le droit des peuples, y compris du peuple algérien à l’auto-détermination, a relevé le chercheur qui ajoute que « ceci fut la première étape de l’internationalisation de la cause algérienne devant la 10e session de l’Assemblée générale (AG) des Nations unies, en septembre 1955 ».

Il a évoqué la demande déposée par 14 pays du groupe afro-asiatique, dont des pays arabes, pour l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour, soulignant que cela n’était pas facile car la demande avait été rejetée par la France et ses alliés. « La détermination du Groupe a imposé un vote. C’était la première victoire dans les fora internationaux: 28 pays ont voté pour l’Algérie, contre 27 pour la France », a-t-il rappelé.

Cette victoire est le fruit du soutien de plusieurs pays arabes, a-t-il estimé citant le grand rôle de l’Arabie Saoudite qui a plaidé pendant des années pour la cause algérienne devant l’ONU ainsi que le soutien de l’Egypte à l’Algérie depuis le premier jour et celui la Syrie, le Koweït, le Yémen, la Palestine, le Liban et autres.

Pour sa part, l’historien Ammar Rekhila a affirmé que le rôle du Monde arabe était important pour la Révolution algérienne à travers « son appui matériel, logistique ou diplomatique », rappelant que la première saisine de l’ONU sur ce qui se passait en Algérie émanait du représentant de l’Arabie Saoudite auprès de la Ligue arabe dans une lettre adressée à l’Assemblée générale de l’ONU.

En suite, fut organisée la Conférence de Bandung en Indonésie avec la participation de 28 pays et 600 délégués. Hocine Ait Ahmed et M’hamed Yazid avaient réussi à s’affirmer entant que représentants du Front de libération nationale (FLN), a rappelé M. Rekhila.

Il a souligné que la Conférence a rendu publique une motion appelant l’Assemblée générale de l’ONU à inscrire la cause algérienne à l’ordre du jour de 10è session.

S’agissant du soutien diplomatique arabe à la Révolution algérienne, l’historien a affirmé qu’il s’agit « d’un soutien légitime, les frères arabes ayant adopté la cause algérienne », ajoutant que « le déclenchement de la Révolution algérienne avait servi la Ligue arabe restée de 1945 à 1954 sans influence sur la décision internationale ».

« En adoptant la cause algérienne, la Ligue arabe a fait ses plaidoyers auprès de l’ONU, ce qui a renforcé les liens de solidarité entre ses membres qui ont adhéré dans leur ensemble à la cause algérienne, et partant la voix arabe était désormais présente lors des différentes sessions de l’Assemblée générale de l’ONU », a-t-il poursuivi.

M. Rekhila a rappelé que le Sommet arabe prévu à Alger intervient au moment opportun, et le choix de la date du 1er novembre « sera de nature à motiver la nation arabe à aller de l’avant ».

Pour sa part, l’ambassadeur du Yémen à Alger, Mohammed Ali El Yazidi Alaoui, a salué les relations algéro-yéménites, empreintes des valeurs de « fraternité, d’entente et de coordination dans divers domaines ».

« Si la diplomatie algérienne a bénéficié d’un important soutien arabe c’est parce qu’elle était liée à la Révolution algérienne, à sa lutte et aux sacrifices de son peuple, d’autant plus que la plupart des pays arabes croupissaient sous le joug colonial durant les années 50. »

Le forum a été ponctué par un hommage au moudjahid et diplomate, Salah Belkobbi.