mercredi 22 mai 2024
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La Suède revoit à la hausse le salaire minimum exigé pour un titre de séjour

En Suède, les travailleurs non-européens devront désormais démontrer qu’ils gagnent plus de 27 360 couronnes par mois, l’équivalent de 2 310 euros mensuels. Cette mesure du gouvernement conservateur, soutenu au Parlement par l’extrême droite pour restreindre l’immigration, suscite une levée de boucliers au sein des entreprises et des syndicats suédois.

Les travailleurs non-européens devront désormais gagner le double de ce qui était jusque-là nécessaire pour obtenir un permis de résidence. Dans l’hôtellerie, les entrepôts, la construction ou les soins à la personne, la main-d’œuvre manque déjà cruellement. Or, les conditions de revenus désormais exigées aux immigrés non-européens sont souvent au-dessus des salaires proposés dans ces secteurs, où les travailleurs étrangers sont indispensables pour faire tourner l’activité. Les confédérations syndicales et les organisations d’employeurs dénoncent une mesure qui risque non seulement de nuire à l’économie suédoise, mais qui met aussi à mal l’un des principes fondateurs de ce pays.

De nombreuses interrogations en suspens

Depuis 1938 et la signature de l’accord de Saltsjöbaden, les accords collectifs signés entre partenaires sociaux régissent habituellement les salaires, les pensions, les conditions de travail, sans interférence, du gouvernement. Et les Suédois sont très attachés à ces négociations. Le modèle fonctionne encore relativement bien, d’où le déferlement de critiques ce matin dans la presse :  « Idéologique », « contre-productif », ce salaire-plancher pour les travailleurs immigrés est une « expérience risquée, dont les conséquences sont imprévisibles ».

Les étrangers se retrouveront-ils écartés du marché du travail parce que trop chers ? Les entreprises pourront-elles vraiment s’en passer ? Et qui dit que leurs collègues suédois ou européens ne demanderont pas un alignement des salaires, à la hausse ? Dans l’immédiat, des milliers de personnes pourraient être obligées de quitter le pays, faute de revenus suffisants.

C. M.