mercredi 22 mai 2024
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Le chef de l’ONU Antonio Guterres pointe du doigt la paralysie du Conseil de sécurité

Les Nations unies peuvent-elles fonctionner sans le Conseil de sécurité ? La question est très sérieuse. Encore plus quand c’est le secrétaire général de l’ONU qui la pose. Depuis Genève, lors du Conseil des droits de l’homme, M. Guterres a dénoncé l’inaction de l’organe suprême des Nations unies, censé garantir la paix mondiale mais incapable, dans les faits, de s’accorder sur un cessez-le-feu à Gaza. De quoi poser la question de son avenir.

Antonio Guterres part d’un constat. Après des années de relative stabilité, le monde est devenu multipolaire, gouverné non pas par une poignée d’États, mais par plusieurs forces.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, dit le patron de l’ONU, mais ça le devient quand les institutions du multilatéralisme ne marchent plus. C’est le cas du Conseil de sécurité. Son incapacité à prendre des décisions fortes sur l’Ukraine et surtout Gaza ont sapé son autorité – peut-être mortellement, dit même Antonio Guterres.

« La mort cérébrale correspond à une personne qui est vivante, mais qui n’est capable de rien faire. Si le Conseil de sécurité, un jour, démontrait qu’il ne serait pas capable de faire quoi que ce soit, alors, il serait très proche de cette condition clinique », estime le secrétaire général des Nations unies, lors de la 55e session du Conseil des droits de l’homme.

Le conditionnel est encore de mise. Mais jamais un secrétaire général de l’ONU n’avait eu de mots aussi durs à l’encontre du plus puissant organe des Nations unies. Les prochaines semaines diront si le Conseil parviendra à un compromis sur Gaza, alors qu’une offensive israélienne à Rafah signerait la fin de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne, a prévenu le patron des Nations unies.

Même en cas d’accord au Conseil de sécurité, celui-ci ne pourra pas faire l’économie d’une réforme profonde de son mode de fonctionnement.

J. L.