mardi 27 février 2024
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Lila Borsali enchante l’Institut français d’Alger

Après les soirées ramadanesques, l’Institut français d’Alger nous gratifie, encore une fois, de soirées estivales, en l’occurrence le concert de Lila Borsali.

Fusionnant chant andalou et poésie, la diva de la musique andalouse, Lila Borsali a excellé dans son talent, à travers son spectacle intitulé « La conférence des oiseaux ». Sans oublier que dès son entrée sur scène le public a entonné « Joyeux anniversaire Lila », dire que la veille elle avait fêté son anniversaire, elle est née le 12 juillet 1976 à Tlemcen.

Une fois de plus, l’Institut français d’Alger et ses organisateurs ont vraiment mis le paquet pour la réussite de ce concert.

On a même remarqué la présence de l’ambassadeur de France en Algérie, M. François Gouyette, très satisfait d’être parmi le public et qui n’a pas tari d’éloge à l’encontre de la diva.

Assistée de son fidèle orchestre, brillamment dirigé par Leïla El-Kebir à l’alto, le voyage proposé ne pouvait qu’être exaltant. Lila Borsali a enchanté son public d’extraits de noubas, mezmoum, rasd eddil, dhil et maya, ainsi qu’une partie samaa « Bouchrakoum Khillani », enchaînée avec quelques morceaux en mode sihli, et le muwashah oriental « Aaraftou El Hawa » et « Lama », « Bada Yatathana », notamment, pour terminer par le traditionnel « Quodoum El-Habib ». « La conférence des oiseaux » ou « Mantiq at-Tayr » est un spectacle inspiré de l’œuvre poétique médiévale en langue persane publiée par le poète soufi persan Farid al-Din Attar en 1177, premier grand poète de la mystique persane et figure centrale dans la genèse du soufisme au XIe siècle. Cette allégorie masnavi d’un cheikh ou maître soufi conduisant ses élèves à l’illumination est constituée d’environ 4 500 distiques. À travers son spectacle, la chantre relate les hésitations, les réflexions et le voyage des oiseaux, conduits par la huppe, à la recherche de Simorgh, leur roi, à travers les sept vallées merveilleuses. Les oiseaux doivent, ainsi, traverser sept vallées pour trouver Simurgh. Talab (recherche, demande), ishq (amour), ma’refat (connaissance), isteghnâ (détachement – se suffire à soi-même), tawhid (unicité de Dieu), hayrat (stupéfaction), faqr et fana (pauvreté et anéantissement)… ce sont les étapes par lesquelles les soufis peuvent atteindre la vraie nature de Dieu. Comme les oiseaux réalisent la vérité, ils doivent ensuite se rendre à la station de Baqa (de subsistance) qui se situe au sommet de la montagne Qaf. À la fin de leur quête, ils découvrent leur « moi profond » (jeu de mots sur Simorgh signifiant également «t rente oiseaux »). Ce voyage symbolise l’itinéraire mystique de l’âme en quête du divin. D’innombrables contes, anecdotes, paroles de saints et de fous les accompagnent. Il était une fois… il était une fois une fille de roi belle comme la lune, une sorte de fou chargé d’ans et de biens, le sultan Mahmud, la très sage Rabiah, un marchand cousu d’or… « Autant dire que La Conférence des oiseaux est de ces livres qui se savourent et se fréquentent comme des amis nourriciers. Il est de ces compagnons qu’on n’aime pas quitter. La raison en est simple : l’amour est sa religion. »

Nous avons remarqué que le public était très attentionné aux chansons de Lila Borsali. Quelques-uns dansaient entre eux dans la cour.

Nous ne manquerons pas de saluer les organisateurs, MM. Philippe Monestes, directeur de l’Institut français d’Alger, et Ryad Aberkane, responsable média, pour avoir été au four et au moulin et bienveillant envers le public présent.

A d’autres concerts espérons-le.

Mohammed Bessaïah