La conquête pour l’investissement au Bangladesh s’ouvre pour les opérateurs algériens afin de diversifier les marchés à travers le monde.
A l’issue du séjour de la délégation ministérielle de la République du Bangladesh à Alger, l’ambassadeur du Bangladesh en Algérie, M. Mohamed Najmul Huda, déclarera : « L’escale à Alger d’une délégation bangladaise de haut niveau a été particulièrement fructueuse. Ce séjour productif imprime un bond qualitatif aux relations fraternelles et profondes qui lient nos deux pays. Elles constituent une étape clé de nos futurs projets communs. »
Se présentant sous la casquette de « chef marketeur du Bangladesh en Algérie », Mohamed Najmul Huda a interpellé le privé algérien l’invitant à investir au Bangladesh qui leur ouvre grandes les portes de l’immense marché de l’Asie du Sud et de l’Asie du Sud-Est. Un marché qui est en passe de devenir le 9e marché de consommateurs au monde d’ici 2030, a-t-il rappelé. « Avec ses 230 usines de textile, le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de vêtements et l’un des plus grands producteurs de textile, derrière la Chine », a-t-il ajouté, non sans évoquer l’intérêt porté par son pays à la destination Algérie comme terre d’investissement et hub régional, offrant l’accès tout aussi bien à l’Europe qu’au Moyen-Orient et à l’Afrique. Idem pour l’industrie pharmaceutique qu’a associé Najmul Huda au marché pharmaceutique bangladais qui pèse quelque six milliards de dollars et exporte dans 160 pays. « Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère de coopération », a poursuivi Mohamed Najmul Huda, renvoyant au développement exponentiel des capacités de son pays dans des domaines stratégiques comme l’ingénierie électrique, qui génère des revenus s’élevant à plusieurs milliards de dollars par an.
« Venez et faites du profit ! », a enjoint Mohamed Najmul Huda aux opérateurs économiques algériens, surtout qu’une visibilité inédite se présente au business entre les deux pays. Présent à cette rencontre, l’expert Arab Aoudj, a, côté algérien, rappelé les nouveaux mécanismes qui gèrent l’investissement en Algérie. Cet expert en droit des affaires a fait savoir que les outils permettent, aujourd’hui, d’accompagner les investisseurs dans les deux sens. « L’Algérie facilite l’investissement, notamment pour les exportations, avec à la clé l’exonération des impôts et la possibilité d’exporter au moins 80% des dividendes », a-t-il dit. L’on a, en outre, à la faveur de ce panel d’où a émergé le projet de lancement d’un vol spécial pour les hommes d’affaires, Alger-Dacca. Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, était le premier à recevoir mardi dernier, au Palais du gouvernement, la délégation ministérielle de la République du Bangladesh, conduite par le ministre de l’Énergie, des Ressources minérales et de l’Électricité, Iqbal Hassan Mahmood. Ce fut ensuite au tour du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, de recevoir, jeudi dernier, au siège de son département, son homologue bangladais, Humayun Kabir, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères par intérim. Les entretiens ont permis de passer en revue l’état de la coopération entre les deux pays et d’identifier les domaines où son développement apparaît prioritaire. L’énergie, le commerce, l’industrie pharmaceutique et le textile ont spécialement été abordés lors de ces discussions. Les deux parties ont également insisté sur la nécessité d’activer les mécanismes de coopération bilatérale, en prévision des prochaines échéances entre Alger et Dacca. La visite a, ainsi, ouvert un espace de discussion autour des intérêts économiques des deux partenaires.
Pour l’Algérie, l’enjeu est d’élargir les débouchés de ses produits sur de nouveaux marchés et de consolider ses exportations hors hydrocarbures.
Le Bangladesh, de son côté, figure parmi les partenaires avec lesquels des possibilités de coopération commerciale et industrielle restent à développer. Le volet commercial a pris une dimension concrète lors de la rencontre entre le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, et le ministre bangladais de l’Énergie, des Ressources minérales et de l’Électricité, Iqbal Hassan Mahmood. Les deux responsables ont examiné les perspectives de renforcement de la coopération commerciale et économique, ainsi que les moyens d’accroître les échanges entre les deux pays. La coopération économique n’a pas été le seul sujet abordé par Ahmed Attaf et Humayun Kabir. Les deux responsables ont également échangé leurs points de vues sur plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun. Ils ont souligné l’importance du multilatéralisme, dans un contexte marqué par la présidence bangladaise de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette convergence de vues constitue un autre volet du rapprochement entre les deux pays, au-delà des perspectives commerciales et industrielles. La visite de la délégation bangladaise, qui a pris fin jeudi, aura permis d’aborder à la fois les priorités économiques et les questions diplomatiques d’intérêt commun.
Les opérateurs algériens devront profiter de cette aubaine pour accroître les échanges commerciaux avec leurs homologues du Bangladesh.
Mohammed Bessaïah
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