vendredi 14 juin 2024
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Restitution des œuvres d’art africaines : la France et l’Allemagne lancent un fonds de recherche

La provenance des objets culturels d’origine africaine et les débats autour de possibles restitutions jouent un rôle de plus en plus important. Jusqu’à présent, les anciennes puissances coloniales ont géré ces questions elles-mêmes. La France et l’Allemagne viennent de lancer un fonds de recherche sur ces questions. Il a été présenté à Berlin où il sera géré par le centre franco-allemand de recherche en sciences sociales Marc Bloch installé dans la capitale allemande. 

On le sait peu, mais l’Allemagne dispose dans ses musées de beaucoup plus d’œuvres provenant de pays africains que la France. Le passé colonial germanique a été bref, jusqu’en 1918, mais parfois violent et a longtemps été oublié. Mais depuis quelques années, les musées allemands ont fait un travail plus important qu’en France sur les questions de provenance.

Les deux pays décident d’unir leurs efforts en créant un fonds doté de 2 millions d’euros sur trois ans pour faire avancer la coopération bilatérale sur ce dossier central aujourd’hui pour la relation avec l’Afrique.

Le conseil scientifique du fonds est composé d’experts internationaux sous la direction du philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne. Parmi eux, on trouve Bénédicte Savoy, co-autrice du rapport au président Macron sur la restitution des biens africains.

« Le projet colonial était un projet de concurrence entre les nations et aujourd’hui, au 21ᵉ siècle, on doit gérer un passé de concurrence nationale pour envahir les autres et un avenir qui devrait, si les choses se passaient bien, être un avenir européen, de nouvelles éthiques relationnelles avec l’ensemble du continent africain », explique-t-elle.

Les premiers projets pourront être déposés jusqu’à fin avril. Certains concerneront des objets provenant du Cameroun et du Togo, deux pays colonisés par l’Allemagne puis la France. Pour ces objets, la coopération entre les deux pays paraît aller de soi.

P. T.