mardi 28 mai 2024
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Shakira, jugée pour fraude fiscale à Barcelone, scelle un accord (qui lui coûte cher) avec le parquet

La chanteuse de « Waka Waka » risquait plus de huit ans de prison et 24 millions d’euros d’amende. Une deuxième procédure pour des faits similaires a aussi été lancée.

« Mes hanches ne mentent pas », chantait Shakira. Mais a-t-elle menti au fisc espagnol ? La justice n’aura pas le temps d’en débattre, puisque la star colombienne a scellé un accord avec le parquet dès son arrivée au tribunal de Barcelone ce lundi 20 novembre, alors qu’elle était convoquée à son procès pour fraude fiscale.

La chanteuse de Waka Waka, qui avait jusqu’ici refusé tout accord, disant préférer la tenue d’un procès à cette procédure de plaider-coupable, a finalement accepté. Son procès est donc (déjà) terminé. En échange, elle reconnaît sa culpabilité et devra payer une amende de plus de 7,3 millions d’euros. Elle avait déjà versé 17,2 millions d’euros au fisc dans cette affaire en vue de régulariser sa situation.

Dans le cadre de cet accord, l’artiste écope d’une peine de trois ans de prison avec sursis, qui sera commuée en amende, et d’une sanction financière d’un montant équivalent à « 50 % » de la fraude, a déclaré le président du tribunal au début de l’audience. Devant lui, la chanteuse a indiqué reconnaître sa culpabilité et accepter les peines infligées.

« Ils voulaient cet argent coûte que coûte »

Le procès devait initialement durer jusqu’au 14 décembre avec un total de près de 120 témoins. L’accusation reprochait à la pop star d’avoir soustrait 14,5 millions d’euros au fisc espagnol en omettant de déclarer une partie des revenus provenant de ses tournées à l’étranger entre 2012 et 2014. D’après le parquet, elle vivait pourtant en Espagne – aux côtés du footballeur du FC Barcelone Gerard Piqué – plus de 183 jours par an, un seuil établi par la loi espagnole pour considérer quelqu’un comme résident. Elle aurait en fait maintenu sa résidence fiscale aux îles Bahamas, considérées comme un paradis fiscal.

Plus de huit ans de prison et une amende avoisinant les 24 millions d’euros avaient été requis à son encontre dans cette affaire.

L’artiste de 46 ans a toujours démenti toute irrégularité et affirme qu’elle était continuellement en déplacement en raison de sa profession. Dans une interview au magazine Elle en septembre 2022, elle estimait « ne rien devoir » au fisc et que « ces accusations sont fausses »« Les autorités fiscales ont vu que j’étais en couple avec un citoyen espagnol et ont commencé à saliver. Il est clair qu’ils voulaient cet argent coûte que coûte », avait-elle assuré.

Selon ses avocats, jusqu’en 2014, la chanteuse aux plus de 60 millions d’albums vendus ne vivait pas plus de six mois par an en Espagne.

Une deuxième procédure pour des irrégularités fiscales

Mais même si un accord a été scellé dans cette affaire, Shakira n’en a pour autant pas fini avec la justice. Car de nouvelles poursuites ont été entamées à son encontre pour des irrégularités fiscales, cette fois-ci pour des faits remontant à 2018. « Deux délits présumés contre le Trésor public, concernant l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune », précisait le tribunal supérieur de Catalogne en annonçant cette nouvelle procédure en juillet.

Le parquet, qui reproche à l’artiste d’avoir utilisé des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux pour éviter de payer l’intégralité de son impôt cette année-là, évalue le montant de cette fraude à un total de 6,6 millions d’euros, une fois ajoutés les intérêts de retard et frais de régularisation.

Le nom de Shakira figure parmi ceux cités dans les Pandora Papers, une vaste enquête publiée fin 2021 par le Consortium international des journalistes d’investigation, accusant plusieurs centaines de personnalités d’avoir dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d’évasion fiscale.

Pour les représentants de la star, célèbre pour ses succès internationaux comme Hips don’t Lie, ou Whenever, Wherever, ces nouvelles poursuites « mettent en lumière la pression médiatique et réputationnelle à laquelle elle est soumise ». « Shakira a toujours agi dans le respect de la loi et sous les conseils des meilleurs experts fiscalistes », ont-ils insisté, ajoutant que la chanteuse « se concentre désormais sur sa vie artistique à Miami et se montre sereine et confiante quant à l’issue de ces poursuites fiscales ».

Ils ont aussi dénoncé les « méthodes inacceptables » du fisc espagnol qui, dans l’affaire pour laquelle elle était jugée lundi, a interrogé les voisins de la star, vérifié ses comptes sur les réseaux sociaux, contrôlé ses dépenses dans des salons de coiffure de Barcelone ou dans la clinique où elle était suivie pour sa grossesse et décortiqué celles de ses proches.

Installée à Miami (sans Gerard Piqué)

Au-delà de ses déboires judiciaires, la vie privée de la Colombienne est aussi revenue sur le devant de la scène l’an dernier lorsqu’elle s’est séparée de Gerard Piqué, avec qui elle était en couple depuis plus de dix ans et avec qui elle a eu deux enfants. Une séparation très médiatisée, notamment parce que les deux célébrités ont alimenté leur conflit ouvert à coups de piques et de messages (pas si) subliminaux.

Après être parvenue à un accord sur la garde de leurs enfants, Shakira a déménagé avec eux à Miami. « Je m’étais installée à Barcelone pour donner une stabilité à mes enfants, celle-là même que nous cherchons à présent dans un autre endroit du monde, près de la famille, des amis et de la mer », écrivait-elle en avril sur Instagram, lors de l’annonce de son départ d’Espagne.

M. B.