dimanche 27 novembre 2022
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Vives réactions après le discours devant le Parlement européen d’Ursula von der Leyen

Crise énergétique, guerre en Ukraine, État de droit… La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a abordé de nombreux sujets lors de son discours sur l’état de l’Union ce mercredi 14 septembre. Et ils n’ont pas manqué de faire réagir les eurodéputés présents dans l’Hémicycle.

C’est avec Manon Aubry, l’eurodéputée LFI, que les échanges ont été les plus houleux. Après le discours de Mme von der Leyen, la Française s’est adressée à l’Hémicycle avec une série de factures adressées par des citoyens. Et chacune d’elles témoignait de la hausse des prix de l’électricité et du gaz.

« Cette crise n’est pas uniquement le résultat de la terrible guerre en Ukraine et du chantage odieux de Vladimir Poutine, elle est aussi le produit d’un système économique dont vous êtes aujourd’hui bien obligée de reconnaître les failles », a accusé Mme Aubry.

Une prise à partie qui a poussé la présidente de la Commission à répondre : « Mme Aubry, les factures que vous nous avez montrées, oui elles sont « insupportables », c’est vrai. Mais vous savez quoi ? Envoyez ces factures à Moscou, c’est là qu’est le responsable », a rétorqué Ursula von der Leyen.

Elle s’est également targuée d’avoir présenté des propositions pour enrayer la flambée des prix du gaz et de l’électricité, notamment en restreignant les « superprofits » des groupes énergétiques et en réduisant la consommation de l’UE aux heures de pointe.

« Les rustines ne suffiront pas »

Pour Manon Aubry, c’est loin d’être suffisant. « Cette taxation ne doit pas être limitée aux énergies fossiles. Elle doit concerner l’ensemble des entreprises qui ont profité de la crise : celles du luxe comme LVMH, du fret maritime comme CMA-CGM, du secteur bancaire comme BNP… Elles sont nombreuses les multinationales à avoir fait des superprofits, pas uniquement dans le domaine de l’énergie », a-t-elle asséné, fustigeant une Europe qui « en est à croiser les doigts pour que les black-out ne soient pas trop nombreux cet hiver et que les gens puissent, encore, avoir simplement les moyens de se chauffer ou s’éclairer ».

« Les rustines ne suffiront pas. Il faut bloquer les prix au niveau d’avant-crise et sortir l’énergie du marché, car c’est un bien commun. La lucidité, tardive et partielle, ne suffit pas, Mme Von der Leyen, encore faut-il de la cohérence », a rajouté Mme Aubry.

Taxation des superprofits ou « contribution exceptionnelle » ?

Tous les eurodéputés n’ont pas été si véhéments. José Manuel Fernandes, eurodéputé portugais du PPE, estime que les mesures annoncées par la présidente « vont dans le bon sens ». Encore faut-il maintenant que les États membres parviennent à s’accorder.

Yannick Jadot, eurodéputé écologiste, français lui aussi, semble également satisfait. Là où certains critiquent la présidente de la Commission pour avoir utilisé de nombreux termes et pas la « taxation des superprofits », lui évoque une habile manœuvre : « Si Mme Von der Leyen parlait de taxation, il faudrait l’unanimité des États membres pour obtenir un accord. En parlant de contribution exceptionnelle, ça permet de naviguer dans un système à majorité des États. »

État de droit

M. Jadot reste bien conscient que pour en arriver ici, la route est encore longue. « On voit bien qu’on est un peu sur une ligne de crête. Mais j’ai le sentiment que personne n’a envie d’un black-out européen et personne n’a envie de donner des milliards d’euros pour importer du gaz ou du pétrole russe», ajoute-t-il au micro de RFI.

C’est donc la crise énergétique et la guerre en Ukraine qui ont dominé les débats ce mercredi à Strasbourg. Une mauvaise chose, déplore Ernest Urtason, eurodéputé écologiste. « Nous attendions des mots plus forts sur la défense des droits fondamentaux. Quand on voit ce qui se passe par exemple avec la restriction en Hongrie du droit à l’avortement, cela nous inquiète énormément », explique-t-il.

Un avis que ne partage pas Nicolas Bay, eurodéputé français du Rassemblement national. Il a réagit après le discours pour prendre la défense d’une Hongrie qu’il dit « injustement attaquée ».

M. B.