L’incendie du bar Le Constellation de la station de ski de Crans-Montana, dans la nuit du Nouvel An, soulève de nombreuses interrogations. L’enquête et l’identification des victimes se poursuivent. Les autorités ont dénombré pour l’instant 40 décès et 119 blessés, parmi lesquels 113 ont pu être identifiés. Y figurent notamment 14 Français, 11 Italiens et quatre Serbes.
Les premières fumées sont apparues aux alentours de 1h30 du matin, le jeudi 1ᵉʳ janvier 2026. Quelques secondes plus tard, un témoin a contacté la centrale d’engagement de la police cantonale pour signaler cet incendie. « Immédiatement, l’alarme rouge, qui est destinée à mobiliser les pompiers, a été déclenchée », a relaté Frédéric Gisler, chef de la police du canton du Valais, dans les Alpes suisses.
Les différentes vidéos visibles sur les réseaux sociaux prises à l’intérieur du Constellation attestent que les flammes se sont très rapidement propagées dans l’ensemble du bar. Mais les « pompiers ont rapidement circonscrit le sinistre », a précisé le commandant du canton.
Si la cause reste pour le moment inconnue, une hypothèse semble se dessiner au regard des différents témoignages diffusés par les médias. Selon des survivants, des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles et brandies à bout de bras par une personne perchée sur les épaules d’une autre personne auraient mis le feu au plafond. Un « show » habituel dans l’établissement réservé aux clients effectuant des commandes spéciales à leur table, rapportent les témoins.
Un bar aux normes ?
Si l’on ignore pour l’heure combien de fêtards se trouvaient dans Le Constellation, son site internet informe qu’il peut accueillir 300 personnes en intérieur. Situé en rez-de-chaussée d’un immeuble, il dispose d’une salle en sous-sol, là où l’incendie s’est déclenché. Un espace relié au rez-de-chaussée par un escalier « étroit », disent plusieurs témoins. « Mais qu’est-ce qu’un escalier étroit, finalement ? », a rétorqué, jeudi 1er janvier, la procureure générale du canton, Béatrice Pilloud.
« L’enquête sera aussi là pour déterminer si toutes les normes de sécurité ont été respectées ou si tel n’est pas le cas », a-t-elle poursuivi, précisant qu’il est encore « trop tôt » pour commenter la conformité des sorties de secours et, plus généralement, des locaux, et si les démarches nécessaires avaient été effectuées avant d’organiser cette soirée.
Les propriétaires du bar sont de nationalité française : il s’agit d’un couple originaire de Corse. Ils ont été auditionnés.
Les identifications se poursuivent
Une conférence de presse tenue ce vendredi 2 janvier à Sion fait état de 40 décès. L’identification des corps est toujours en cours. Les autorités suisses ont précisé que plusieurs jours pourraient être nécessaires pour établir un bilan définitif, certains corps étant calcinés. Un golfeur international italien âgé de 16 ans résidant à Dubaï et venu en famille à Crans-Montana, Emanuele Galeppini, compte parmi les personnes décédées.
Concernant les 119 blessés, 113 ont pu être identifiés : il y a 71 ressortissants suisses, 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes, un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais, un Portugais, a détaillé Frédéric Gisler, commandant de la police cantonale valaisanne. « Une cinquantaine de blessés ont été transférés ou vont l’être tout prochainement dans des pays européens, dans des centres spécialisés pour les grands brûlés », a indiqué Mathias Reynard, le président du gouvernement valaisan.
La France a déjà accueilli trois blessés et va prendre en charge huit patients supplémentaires dans ses hôpitaux de Lyon, Metz, Nantes et en région parisienne, a indiqué le Quai d’Orsay. Par ailleurs, une équipe française composée d’un plasticien, d’un anesthésiste et d’une infirmière spécialisée ainsi que d’un médecin des pompiers doit arriver sur les lieux du drame. « Elle restera plusieurs jours pour soutenir le travail des autorités sanitaires suisses » et participera à l’évaluation des personnes brûlées « en vue de leur évacuation dans les structures compétentes selon l’état des lésions ».
Les familles et amis de jeunes disparus ont lancé des appels sur les réseaux sociaux pour obtenir des nouvelles de leurs proches. « On a essayé de joindre nos copains. On a fait plein de photos. On en a mis sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver », témoigne Eléonore, 17 ans.
M. B.
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