A dix pendant plus d’une mi-temps, l’équipe de football d’Italie a fini par céder face à la Bosnie, qui a arraché la qualification pour la Coupe du monde au bout des tirs au but (1-1, tab 4-2). Un but de Moise Kean, un immense Donnarumma, n’auront pas suffi à éviter aux Italiens une troisième Coupe du monde consécutive devant la télévision.
Cette 42e minute a dû raviver des souvenirs douloureux, une angoisse innommable pour tous les supporters de l’Italie. Quand l’arbitre français a sorti le carton rouge pour expulser Bastoni, auteur d’une faute en position de dernier défenseur, les tifosi ont dû se dire que le cauchemar allait recommencer. À ce moment précis, tout un pays a revu défiler la Suède, la Macédoine du Nord, les barrages perdus à domicile, les Coupes du monde manquées. Comme un mauvais remake.
Le début de match avait pourtant laissé entrevoir une soirée plus tranquille. Face à une Bosnie d’abord peu inspirée, adepte d’un jeu direct, vertical, l’Italie avait décidé de presser haut, de s’installer dans le camp adverse. Avec deux avant-centres pivot, Retegui et Moise Kean, la Squadra Azzurra cherchait systématiquement à fixer la défense bosnienne, à gagner les deuxièmes ballons et à étirer le bloc local. La récompense est arrivée très tôt, à la 15e minute. Servi en retrait par Kolasinac, le gardien Vasilj rate complètement sa relance plein axe, sous la pression de Retegui. Barella récupère aux vingt mètres et transmet à Kean sur sa gauche. Sans contrôle, l’attaquant enroule magnifiquement du droit et ouvre le score. L’Italie respire, mène 1-0 et croit tenir solidement son billet pour le Mondial.
Kean manque le break
La suite tourne d’abord au contrôle. Les Italiens gèrent, font tourner, continuent de presser, la Bosnie peine à se montrer dangereuse. Puis survient ce fameux tournant de la 42e minute : Bastoni accroche un attaquant lancé plein axe, et fait basculer l’Italie dans un autre match, une rencontre de survie.
En deuxième période, la Bosnie pousse enfin, sans grande imagination mais avec de l’énergie et des longs ballons. La Nazionale recule, resserre son bloc, abandonne le pressing haut pour défendre sa surface. Malgré l’infériorité numérique, elle se procure même l’occasion de tuer le match à l’heure de jeu. Moise Kean subtilise le ballon à quarante mètres de la cage bosnienne et fonce plein axe, et finit par une frappe juste au-dessus de la barre. La balle du 2-0 s’envole, le rêve avec ?
Car la Bosnie, elle, ne renonce pas. Déjà qualifiée en demi-finale en sortant le pays de Galles aux tirs au but (1-1, tab 5-3) après avoir égalisé dans les dernières minutes, elle remet ça. En plein temps fort, Dedic se présente à l’aile droite et enroule son centre du droit. Le ballon rase la tête de Demirovic avant d’être pris par celle de Dzeko, qui cadre de près. Donnarumma repousse encore, mais Tabakovic suit et conclut (79e). 1-1, la Bosnie est récompensée de sa domination, illustrée par ses 30 tirs contre seulement 9 pour l’Italie.
Donnarumma impuissant
La prolongation ne change pas la physionomie: l’Italie recroquevillée, la Bosnie à l’attaque, mais aucune équipe ne parviendra à marquer le but décisif. Place au tirs au but. La Bosnie arrive forte de son précédent contre les Gallois. Tahirovic ouvre la séance côté bosnien et transforme, prenant Donnarumma à contre-pied. Dans la foulée, Pio Esposito, premier tireur italien, envoie sa frappe au-dessus des cages.
La suite est cruelle pour son capitaine. Presque impeccable jusque-là, Donnarumma n’a rien à se reprocher, mais il ne peut rien faire face à la précision bosnienne. Les tireurs locaux enchaînent les frappes bien placées, tandis que Tristante, côté italien, manque à son tour son tir au but, le deuxième échec azzurro de la série. La Bosnie n’en demandait pas tant.
C’est finalement Bajraktarevic qui fait basculer l’histoire. Sa frappe n’est pas parfaite, Donnarumma la touche, mais ne peut l’arrêter. Le ballon finit au fond, la Bosnie s’envole vers la Coupe du monde, l’Italie, elle, reste clouée au sol. Quatre étoiles mondiales, mais trois Coupes du monde manquées de suite, le mal italien est très profond.
N. S.
INTERFIL ALGERIE Soyez le premier informé